« L’école malienne n’a d’autres choix que de reprendre la compétitivité »
mercredi 11 juin 2008 par Alou Daou
Le Quotidien de Bamako : Vous avez un centre de recherche consacré à la lutte contre le paludisme, pouvez vous nous parler de ses missions ?
Le centre de recherche pour la lutte contre le paludisme (Malaria Resarch Center) a été crée en 1992 pour le gouvernement de la République du Mali par les partenaires au développement. Il s’agit entre autres de la Coopération française, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), etc. Le centre a trois missions. D’abord, former les jeunes au niveau international pour créer une masse critique de chercheurs et d’enseignants. Ensuite, tester les stratégies pour accompagner le programme national de lutte contre le paludisme. Et enfin, participer au développement des vaccins antipaludiques avec la Communauté Internationale.
Voulez-vous nous parler du fonctionnement de la recherche ?
La recherche fonctionne à merveille. C’est un système ouvert, c’est à dire que le meilleur gagne. C’est le mérite et c’est aussi le travail. Nous sommes organisés en unité fonctionnelle. Chaque chercheur est responsable de son unité et de son programme, et doit être compétitif. En outre, nous assurons également la formation de la nouvelle génération qui doit prendre la relève.
Quelles sont les retombées de la recherche pour le développement d’un pays ?
Il n’y a pas développement possible sans recherche. Tout pays qui pense pouvoir se développer sans la science et la technologie se trompe lourdement. Et pour la recherche, l’Afrique a une chance exceptionnelle. En effet, avec la mondialisation et les nouvelles technologies, nous devons engager notre université à la recherche. Mieux, nous devons engager nos jeunes comme l’ont fait la Chine, le Brésil, l’Inde..., pour le développement de notre pays. Ce développement peut être accélérer à travers la science et la technologie.
Quelle image avez-vous de notre pays à travers le monde ?
Dans le domaine du paludisme, le Mali est considéré comme le pays développé en matière de recherche. D’ailleurs, il a été classé parmi ceux qui font de la recherche clinique de haut niveau reconnue par les francophones, les anglophones...
Il faut aussi retenir que le Mali jouit d’une respectabilité au niveau international de la recherche sur le paludisme.
L’école malienne connait aujourd’hui des perturbations et les uns et les autres s’inquiètent pour le niveau des élèves. Pensez-vous que ces perturbations ne pourront pas avoir un impact sur les futures recherches ?
Je crois que l’école malienne n’a d’autres choix que de reprendre la compétitivité. Les maliens ont toujours été des hommes brillants et des gens respectueux. Je suis formé 100% au Mali et je ne regrette pas cette formation. L’école malienne a des ressources. Les perturbations auxquels elle vie maintenant rentre dans la dialectique du développement d’un pays et de la maturation. Ces perturbations sont des événements du moment. Toutefois, je pense que l’ensemble des partenaires de l’école y compris les élèves, les parents d’élèves vont travailler avec sérénité, avec conscience et avec une vision de l’avenir de ce pays. J’espère qu’ils vont tout faire pour que nous reprenons le travail assez rapidement pour que le développement de ce pays se fasse pour cette nouvelle génération.
Quels sont les partenaires de développement de votre Centre de recherche ?
Nous avons plusieurs partenaires. Nos premiers partenaires sont : l’école de Médecine, l’Université, le Gouvernement et toute la population malienne.
Nous avons aussi des partenaires étrangers. Il s’agit entre autres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la coopération française, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et d’autres universités avec lesquels nous avons des projets communs.


