L’émigration au centre des débats
jeudi 26 juin 2008 par Zakaryaou FOMBA
Cette 4ème session extraordinaire du CIP-UEMOA réunit à Bamako les députés de l’Union, des participants issus des parlements nationaux des huit Etats membres de l’UEMOA, des institutions parlementaires africaines, des parlements des pays de transit et d’accueil ainsi que des représentants d’organisations internationales et d’associations d’émigrés.
L’objectif visé par cette 4ème session extraordinaire est de restituer, à travers des débats et échanges d’expériences, la question de l’émigration dans son contexte africain et extra africain. Mais en prenant soin de tenir compte des effets au plan humanitaire, politique, social, culturel et économique pour les pays d’origine, de transit et d’accueil. Face à cela, quelle action spécifique doit être entreprise par les parlementaires pour atténuer le mal ?
Voilà en gros le plat de résistance de cette 4ème session des parlementaires de l’UEMOA. Dans cette optique, il va s’agir pour les participants d’examiner des points comme le phénomène migratoire en Afrique : avantages et inconvénients, l’émigration clandestine, la gestion du phénomène migratoire ; le rôle des parlements et enfin les stratégies parlementaires de concertation et d’action.
Il était donc opportun pour le président du CIP-UEMOA M. Mélégué Traoré de rappeler que si l’émigration a pris une telle ampleur, c’est qu’il y a un problème au niveau des sociétés et des pays eux-mêmes. Car, l’on a régulièrement observé que dans certains pays du Sahel comme le Mali ou le Burkina, un national sur trois a émigré hors des frontières. En prenant l’initiative de cette session, le CIP a voulu inciter les parlements à devenir des acteurs à part entière de la question de l’émigration et l’immigration. C’est pour quoi il a été fortement souhaité lors de la préparation de cette session l’instauration d’un véritable dialogue triangulaire entre parlementaires d’Afrique de l’Ouest pourvoyeuse d’émigrés, ceux d’Afrique maghrébine, des espaces de transit, et ceux d’Europe.
Pour sa part, le président de l’Assemblée Nationale du Mali Dioncounda Traoré a déploré l’expulsion des africains par des pays africains, parfois dans des conditions inhumaines et que la libre circulation des personnes et biens dans l’Union est restée un voeu pieux. Dans son discours d’ouverture, le président de la république Amadou Toumani Touré dira que le Mali est honoré d’abriter les travaux de cette 4ème session extraordinaire du CIP-UEMOA, avant d’évoquer les facteurs de migration de nos concitoyens vers d’autres cieux. Dans ces facteurs, il a cité la croissance économique et le manque de main d’oeuvre dans ces différents pays d’accueil.
Ce séminaire devra contribuer à l’émergence d’une conscience collective sur la question de l’émigration en vue d’une grande prise en compte dans l’élaboration des politiques et programmes communautaires au niveau de l’UEMOA.


