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L’équation Alpha

SOUMAILA CISSE ET LA PRESIDENTIELLE DE 2012

samedi 10 mai 2008 par Markatié Daou

L’intéressé avait alors souri et répliqué en substance qu’on ne parle pas de ces choses en ces lieux mais ailleurs.

Depuis le dernier week-end du mois d’avril 2008, la réponse à cette supputation est venue du jamboree de l’URD tenu à Bamako, au cours duquel il a été adoubé comme le champion de ce parti pour la présidentielle de 2012.

A vrai dire, pour ceux qui connaissent un peu le landernau politique du Mali et qui suivent l’itinéraire et connaissent aussi les convictions de cet homme de 59 ans (il est né le 20 décembre 1949), il n’y avait point de suspense, car il n’a jamais fait véritablement mystère de sa volonté de s’aligner à nouveau pour la course à la magistrature suprême, même si, de par sa fonction, il est soumis à une certaine obligation de réserve sur ce sujet.

On comprend et on s’explique cette volonté de Soumaila Cissé : déjà à la présidentielle de 2002, contre ATT, il était arrivé second sous la bannière de l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA/PASJ), ce qui n’était pas rien, surtout qu’il considérait avoir été lâché par son mentor, le chef de l’ Etat sortant d’alors, Alpha Omar Konaré. Du reste, c’est depuis ce clash politique que l’actuel patron de la commission de l’UEMOA est allé créer l’URD en 2003. Sans oublier que son parti a engrangé 25 députés aux dernières législatives de juillet 2007 et compte également de nombreux conseillers municipaux.

A ce poids politique viennent s’ajouter les bons rapports existant entre ATT et Cissé et, au-delà, entre le Mouvement citoyen et l’URD. Relations naturelles, puisque la rumeur selon laquelle il y a eu un deal politique entre ATT, Konaré et Soumaila Cissé est plus que tenace. A savoir que, le putschiste ATT ayant remis le pouvoir à Konaré en 1992 après la transition, celui-ci lui a rendu l’ascenseur en 2002, et Cissé, qui fut un protégé de l’ancien patron de l’Union africaine (UA) puis à présent du président malien, sera poussé au palais de Koulouba en 2012.

Cependant, si ce scénario probable est régulièrement avancé par certains analystes, il n’est pas exclu que d’autres plans se fassent jour au gré de la conjoncture politique qui prévaudra d’ici la présidentielle, car, c’est bien connu, le terrain politique est, par essence, mouvant. Il pourrait notamment y avoir d’autres candidatures ou une implosion de la coalition d’ATT, laissant libre cours à chaque parti de concourir, ce qui émietterait le vivier électoral de l’ADEMA/PASJ et de l’URD, les deux partis qui pourraient supporter Soumaila Cissé. On pense justement à Ibrahim Boubacar Keita (IBK), autre transfuge de l’ADEMA, qui peut jouer les trouble-fêtes, même s’il faut reconnaître que son parti, le Rassemblement pour le Mali (RPM), est réduit à la portion congrue. Ou encore à Boubèye Maiga, mais surtout à Konaré, qui peut revenir et qui, actuellement, ne fait rien pour démentir les intentions qu’on lui prête de lorgner de nouveau « la colline du pouvoir » (1).

Lui seul est capable, selon certains, de réduire à néant les ambitions politiques de l’enfant de la ville des « 333 saints » (2), car son aura reste intacte au Mali.

A moins d’un arrangement entre les deux.

Ce qui, toutes proportions gardées, ouvrirait un boulevard à Cissé vers la présidence malienne.


 

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