L’état de la Presse n’est pas le procès de la Presse Privée
mercredi 14 mai 2008 par Sambi TOURE & Daouda MARIKO
M. Abbas F TRAORE (MCNT)
M. Thiémoko MACALOU (CNEAME)
M. Daouda BAMBA (CSC)
M. Makan KONE (MP)
M. Tiégoum B MAIGA (ASSEP)
Me Mamadou I KONATE (Avocat).
En fait de débat, les téléspectateurs surpris ont assisté à un procès inégal en direct de la presse privée (l’URTEL n’était pas invitée ), avec son procureur imprécateur et son juge, un « journaliste professionnel » : Salif SANOGO. Sans préjudice de la violation des droits de la défense et de la norme déontologique de base du journaliste, l’animateur de Questions d’actualité charge et vilipende ses confrères des journaux et radios privés, les met à l’index de la profession et au ban de la société.
Ainsi, journalistes et animateurs de la presse privée sont dépeints comme les seules brebis galeuses de la profession, des racketteurs, des corrompus, des snipers sans aucune formation qui tirent sur tout le monde, sans aucun scrupule et sans aucune morale.
L’affront à l’ensemble de la presse privée est grave, les accusations très osées. Facile d’endosser la tunique de Précepteur ; encore faudrait-il convaincre par l’énonciation de faits précis au lieu de se faire l’échos des ragots et des rumeurs, colportés par les ennemis de la liberté de la presse.
L’URTEL et l’ASSEP, surprises et indignées, mettent au défi Salif SANOGO de dire le nom des Directeurs de radios et de journaux privés qui disent à leurs journalistes : JE NE VOUS PAYE PAS, DEBROUILLEZ VOUS.
Au nom de la morale et des principes déontologiques, l’URTEL et l’ASSEP demandent au « journaliste professionnel », non moins Président d’honneur de l’OJRM, Salif SANOGO de diffuser la liste des journalistes racketteurs, corrompus et sans scrupules de la presse privée.
Quant au fameux « communiqué final » qui sanctionne les conférences de presse ou autres reportages de terrain, l’URTEL et l’ASSEP félicitent leurs représentants, Makan KONE et Tiégoum Boubèye MAIGA pour la sagesse confraternelle avec laquelle ils ont répondu à Salif SANOGO.
Pour ce qui est de la dépénalisation, l’URTEL et l’ASSEP estiment que leur quête n’a jamais été de mettre le journaliste au-dessus de la loi, mais de faire de lui un justiciable spécial auquel la Nation malienne à travers sa représentation nationale a décidé, pour sa spécificité, de consacrer une législation spéciale. La dépénalisation des délits de presse, au Mali ou ailleurs, procède de la consolidation des acquis et du confort de la liberté de la presse. Le processus ne date ni d’aujourd’hui, et n’est ni l’apanage de la seule presse malienne. Toute autre interprétation n’est que fantaisiste et mensongère.
L’URTEL et l’ASSEP estiment que c’est toujours une bonne chose de faire le bilan du parcours, de regarder dans le rétroviseur les acquis et les tares. Mais, en aucun cas, l’état de la presse au Mali n’est et ne saurait être le procès de la seule presse privée malienne.
L’ASSEP et l’URTEL fustigent l’attitude peu confraternelle du journaliste Salif SANOGO à l’égard de la presse privée comme s’il était en mission commandée pour la salir et la jeter en pâture à l’opinion.
Aussi, demandent-elles des excuses publiques pour les injures gratuites et les accusations sans aucun fondement contre l’ensemble de la presse privée.


