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L’hôpital qui se moque de la charité !

Mois de solidarité

dimanche 12 octobre 2008 par Ousmane Mallé

Cette année, l’évènement intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par une misère sans précédent : Flambée des prix des denrées de première nécessité, crise financière à l’échelle internationale.

Au Mali, cette misère est chronique et quotidienne. Elle se traduit par la pauvreté, l’analphabétisme, la faim, la soif et autres épizooties. Elle se traduit aussi par une économie dépendante du dictat de l’occident, tributaire des aléas climatiques.

Elle est également une misère morale et politique. Celle de nos dirigeants durement éprouvés par des rebellions couteuses et inutiles. Elle est enfin une misère intellectuelle toujours celle de nos dirigeants incapables de trouver des solutions à nos problèmes malgré les millions de milliards de FCFA qu’ils empruntent. Cette misère se caractérise par la fuite des cerveaux et l’exode des bras valides, les migrations clandestines qui se terminent par des refoulements humiliants, des squats pathétiques, des immeubles en flamme, des chartes de la honte, des noyades, des assassinats, des enclaves et autres barbelés.

Le Mali n’échappe pas à ce qu’il convient d’appeler la triste réalité. Notre pays est même plus malade que la plupart des autres Etats africains. Classé 175è sur 177, selon l’indice du développement humain durable du PNUD, le Mali est à deux degrés du bas de l’échelle. La misère est partout, s’étant installée dans tous les secteurs de la vie, à tous les niveaux. Qu’il s’agisse de l’économie de la santé de l’éducation et quoi encore. Dans les villes comme dans les campagnes, l’horizon ne cesse de s’assombrir. La démocratie pour laquelle on a pillé, volé, détruit, tué n’a rien changé aux conditions de vie et d’existence des Maliens. Ou plutôt si ! Elle a apporté une pléthore de partis politiques dont la plupart est aussi inutile que futile.

Des partis qui ne vivent que pour bénéficier de l’aide publique aux partis politiques.

Cette démocratie a enfin apporté le mois de la solidarité.

C’est-à-dire un show télévisé qui se déroule depuis quelques années pendant le mois d’octobre. Et qui offre l’occasion à certaines personnalités de tenir la vedette en rendant visite à quelques érudits d’abord et ensuite dans un pays où l’espérance de vie ne dépasse pas les 50 ans, à des centenaires miraculés à qui elles offrent de misérables sommes d’argent, quelques kilos de sucre ou de lait en poudre. Pendant ce temps, le nombre de personnes démunies se décuple.

Si au départ, elles n’étaient visibles qu’aux alentours des mosquées et des lieux de culte, elles envahissent maintenant les rues, les ronds points, les carrefours et les boulevards pour s’adonner au seul acte de survie qui leur reste : la mendicité…

Pour ceux qui ne veulent pas avoir recours au vol, au brigandage, à l’escroquerie et autres larcins.

A quoi sert donc l’argent de l’aide au développement sensé réduire la pauvreté.


 

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