L’huissier de Justice, Me Minkoro Traoré, au centre des accusations
mercredi 16 avril 2008 par Markatié Daou
En effet, dans une lettre adressée au ministre de la Justice, il ressort qu’un Malien de France du nom de Sékou Sidibé a été victime « d’abus de confiance et de détournement d’une importante somme d’argent » de la part d’un huissier de justice du nom de Maître Minkoro Traoré qu’il aurait chargé du recouvrement des loyers de son immeuble sis à Kalaban-Coura.
L’Affaire remonte à fin 2007. La victime, le nommé Sékou SIDIBE, avait confié à l’huissier de Justice Me Minkoro Traoré le recouvrement des arriérés de loyers de son immeuble sis à Kalban-Coura, loué à un promoteur scolaire pour servir de locaux à une école de formation professionnelle. Cette formule considérée à l’époque par M. SIDIBE comme un moyen de mettre de l’ordre dans le système de recouvrement des loyers de son immeuble n’a pas apporté les effets escomptés.
Car, affirme-t-on, au fur et à mesure que le locataire du bâtiment versait l’argent du loyer à Me Minkoro Traoré, celui-ci se la coulait douce sans se poser de question. Il percevait les arriérés de loyers et ne signalait aucun paiement au propriétaire des locaux auquel il faisait croire à un refus de paiement de loyers de la part du locataire. La situation demeurera longtemps telle, puisque le propriétaire des locaux, Sékou SIDIBE, se serait gêné de réclamer par téléphone ses sous au locataire de son immeuble à qui il aurait donné la latitude de ne payer les loyers que lorsque ses affaires recommenceraient à fleurir. Cependant le pot aux roses sera découvert lorsque le Malien de France décida à un jour d’appeler son locataire, le promoteur d’école, pour y voir clair.
Celui-ci lui a répondu qu’il a remboursé tous les arriérés de loyers à l’huissier, Me Minkoro Traoré contre reçus. Lesquels reçus délivrés au locataire par l’huissier ont été faxés à M SIDIBE en guise de pièces à conviction. Chose qui laissait peu de chance à notre huissier de justice de nier les faits. Toute honte bue, certains parents et proches de Me Minkoro Traoré se sont finalement engagés à payer ladite somme, passée à la casserole. C’est ainsi que le père, un certain Lamine Traoré et le beau-père de l’indélicat huissier, un certain Issa Yéna, ont signé une lettre de reconnaissance de dettes les engageant à payer l’intégralité des neuf millions huit cent huit mille huit cent soixante quinze francs CFA (9 808 875 F CFA). L’engagement des ces parents de l’huissier a eu l’avantage de faire patienter le débiteur, Sékou SIDIBE surtout qu’ils avaient remboursé par petits montants la somme de trois millions quatre cent mille (3 400 000 FCFA).
Ce qui sera, comme précisé dans la lettre adressée au ministre de la justice, le début d’un dialogue de sourds entre le créancier et son débiteur, qui s’était pourtant engagé à payer ses dettes. Plein d’arrogance, affirme-t-on, l’huissier a fait venir (par deux fois) sa victime de Paris sur la base de fausses promesses de remboursement. Toutefois, fin 2007, M SIDIBE affirme avoir été reçu par des proches de l’huissier Minkoro dont le président de l’ordre des huissiers du Mali, Me Sylvain Makan Keïta, qui aurait lui aussi promis de tout mettre en œuvre pour que le remboursement ait lieu. Mais cette promesse n’a pas été suivie d’effet. C’est à la suite de vaines tentatives de règlement à l’amiable que l’affaire fut portée devant les tribunaux.
La victime, qui réclame le remboursement du reliquat de ses dus qui se chiffrent à six millions quatre cent huit mille huit cent soixante quinze francs CFA (6.408.875 FCFA) et celui de ses deux billets d’avion aller-retour de Paris-Bamako, (en septembre et en décembre 2007) d’une valeur de mille sept cent euros (1700 €) soit un million cent cinq mille francs CFA (1.105.000FCFA), dit avoir confiance en la justice malienne, raison pour laquelle il a écrit au ministre de la Justice pour dénoncer une violation de l’éthique et de la déontologie de la part d’un huissier. Le juge en charge du dossier au niveau du Tribunal de la Commune III, M. Cheick Tourad Coulibaly, va-t-il céder aux sirènes du corporatisme au détriment de la loi ?
Affaire à suivre !


