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L’impartialité de Seydou Traoré dans le doute

UN POLITIQUE A LA TÊTE DE LA CENI

dimanche 12 octobre 2008 par Abdoulaye Diakité

La nouvelle CENI a à sa tête, pour la première fois de notre pratique électorale démocratique de 17 ans, un homme politique, le secrétaire politique de l’ADEMA PASJ, l’ancien ministre de l’agriculture, Seydou Traoré.

Ce choix, il faut le dire, n’est vraiment pas du goût de beaucoup de Maliens, surtout les états-majors des partis politiques, de la mouvance présidentielle comme de l’opposition.

La CENI est un organe de supervision, d’organisation et de dénonciation des élections. De ce fait, vu son statut, elle doit rester à équidistance avec tous les partis politiques.

Depuis les premières élections jusqu’à nos jours, elle a toujours été présidée par un membre de la société civile, pourvoyeuse de cinq membres sur les quinze que compte l’organe. Le cas récent des élections présidentielle et législative de 2007, avec comme président l’avocat Fodié Touré, illustre cette tradition.

En 2002, c’était Moustaphe Cissé de l’AMDH qui était président.

En 2004, c’était Mme Bagayoko de la CAFO, et en 1997, Me Kassim Tapo, bâtonnier de l’Ordre des avocats.

C’est dire c’est la première fois qu’un homme politique devient président de la CENI, au grand dam de l’opposition qui s’est toujours battue pour que la présidence de l’organe revienne toujours à la société civile.

Pourtant, ce ne sont pas les talents qui manquent dans les rangs de la société civile, quand on sait que parmi ses membres désignés figure la présidente de la CAFO, Mme Oumou Touré.

Pourquoi l’opposition, avec ses trois membres, et la société civile avec ses cinq membres, huit membres en tout, ont pu se laisser dominer par la majorité présidentielle qui n’a pas plus de sept membres à son actif ?

C’est la question qui trotte dans tous les esprits et à laquelle on ne parvient pas à donner une réponse précise, si ce n’est la supputation selon laquelle, la société civile se serait laissée prendre dans le filet de la majorité. Sinon comment comprendre que Seydou Traoré, secrétaire politique de l’ADEMA PASJ, dont le parti ambitionne gros pour ces communales de 2009, soit porté à la tête d’une CENI qui se veut indépendante ! Comment voulez-vous qu’un homme de cette couleur soit enclin à faire des critiques sur la fraude électorale quand ce sont les intérêts de son parti qui sont en jeu ?

En tout cas, tout porte à croire que la présente CENI sera malmenée par les chocs entre majorité et opposition, laquelle ne fera jamais confiance à un président partisan.


 

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