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L’opposition dans une passe infernale

GESTION DES AFFAIRES PUBLIQUES

mardi 1er juillet 2008 par Abdoulaye Diakité

Plus d’actes oppositionnels collégialement exécutés par l’ensemble des composantes du Front pour la Démocratie et la République (FDR), laissant même penser que ce FDR, s’il existe encore, se ramène aux seuls RPM et PARENA, où en rangs dispersés, leurs leaders sont en train de tirailler sur le régime.

En effet, depuis sa constitution, tous les observateurs avertis de la scène politique du pays savaient que ce regroupement politique contre nature n’allait pas tarder à montrer ses fissures, étant entendu qu’il se compose d’hommes qui ne se sont pas retrouvés autour d’une conviction politique, mais qui ont été fédérés par des circonstances.

Dans ces conditions, bien malin qui pouvait prêter longue vie à une telle union de façade. Les choses n’ont d’ailleurs pas tardé à confirmer cette clairvoyance, quand le professeur Issa N’Diaye, pour ne pas cautionner la manière de conduire les opérations au sein du regroupement, a préféré prendre ses distances. Les élections présidentielles vont permettre à cette opposition de petits bourgeois de se rendre à l’évidence que sa virginité politique souffre d’une énorme maladie auprès des Maliens, vu la sanction qui lui a été affligée. Les législatives, qui sont des élections de proximité, vont permettre à certaines composantes de se tailler la portion congrue (comme le PRM), d’autres de se refaire une santé (le PARENA), tandis que d’autres encore comme la CDS ont connu un naufrage sans précédent.

Mais les premières véritables incohérences ont fait leur étalage quand il s’est agi de la mise en place du bureau de l’Assemblée Nationale. Tandis que la mouvance présidentielle avait décidé d’écarter complètement l’opposition, c’est le RPM de Ladji Bourama, alors président du FDR, qui s’était miraculeusement retrouvé dans le bureau que dirige Dioncounda Traoré. Ce qui va irriter le PARENA, lequel ira se liguer avec le SADI d’Oumar Mariko, (qui, il faut le souligner ne fait pas partie du FDR), pour constituer un groupe parlementaire. Il a fallu que ses camarades du FDR crient à la haute trahison pour que IBK et son RPM claquent la porte du bureau pour constituer un groupe parlementaire.

Depuis la petite confiance qui existait encore entre les acteurs du regroupement s’est évaporée. IBK a commencé à s’éloigner de ses anciens camarades, en boudant même les réunions. D’ailleurs personne ne pouvait être plus heureux que lui quand enfin il se débarrassait de cette encombrante présidence tournante, en cédant le témoin au revanchard Tiébilé Dramé au siège du PARENA, il y a de cela plus de sept mois. Fraîchement arrivé à la tête du regroupement, Tiébilé Dramé va organiser un forum sur la paix, la sécurité et le développement dans la bande sahélo-saharienne, au Centre International de Conférences de Bamako (CICB).

C’est après ce coup réussi, où l’opposition s’est rendue utile, que contre toutes attentes, celle-ci va définitivement raccrocher. Plus personne ne parle du FDR, et il ne reste plus que ceux qui l’ont inventé. Plus de réunion depuis des lustres, plus de concertation autour des sujets dominants de l’actualité. Chacun mène un tintamarre infernal de son côté, le tout sur fond de règlement de comptes politique vis-à-vis du prince du jour, qui les a privés du gâteau. Ainsi, il y a plus d’un mois que le mandat de Tiébilé Dramé à la tête du regroupement est expiré, sans qu’il ne trouve successeur. C’est cette faillite que Soumeylou Boubèye Maïga de Convergence 2007 a su prévoir et éviter en négociant son retour au sein de son ADEMA initiale.

Aujourd’hui, c’est chose faite, et il peut dire adieu à la coquille vide abandonnée derrière lui. Laissé aux seuls RPM et PARENA, les autres menus fretins s’étant évaporées dans la nature, le FDR tel qu’il est actuellement vécu, est caractérisé par un sauve-qui-peut généralisé. Dénominateur commun encore et toujours : ATT. Il y a plus d’un mois, c’est le PARENA à travers un point de presse au Centre International de Conférences, qui, portant des lunettes en banco, voyait le pays en noir. Dimanche dernier, en prélude au septième anniversaire de son parti, fêté hier, c’est IBK qui est sorti avec ses griffes acérées.

Quelques semaines auparavant, l’homme, lors des missions de supervision à Kita, Djenné, Niono et Koulikoro, avait laissé exploser sa rage contre le pouvoir, avec, partout, le leitmotiv : « ATT a échoué ».

Comme dirait l’autre, il est plus facile de critiquer que de construire.


 

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