La Banque Régionale de la Solidarité au centre de la nébuleuse
samedi 20 septembre 2008 par Abdoul Karim Maïga
En effet, tout a commencé en avril 2007 quand l’opérateur économique, Ousmane Yara qui était en visite d’affaire au Mali a été délogé d’un hôtel à Magnambougou au profit de l’hôtel de l’Amitié par l’entremise d’un de ses amis, Iba Koïta au motif d’un manque de confort. C’est là que le pauvre Ousmane fut découvert par celui-là même au sujet duquel il ne pouvait émettre de doute sur la bonne foi.
Exténué, Ousmane ne tardera par à s’endormir. Et c’est ce moment que l’escroc a choisi pour lui soustraire une somme de 400 mille euros soit plus de 265 millions FCFA.
Alors, Ila sera arrêté à la suite d’une plainte de Ousmane Yara puis déféré à la Maison centrale d’Arrêt de Bamako-Coura avant de bénéficier d’une liberté provisoire. Malheureusement pour Iba Koïta, même si par manque de preuves irréfutables, il fut mis en liberté provisoire, il se fera rattraper au fil du temps par son envie de mener une vie mondaine dont les moyens lui avaient toujours manqué. Pour ce faire, aussitôt sorti de prison, il se mit à réaliser ses rêves avec l’argent spolié en s’achetant voitures de luxe et terrains à usage d’habitation.
Comme une stratégie divine pour l’appâter. Il prend goût à fréquenter le Casino, signe d’aisance par excellence chez nous. Interpellé sur ses faits et gestes, Iba ne donnera pas de grandes précisions. Mais c’est malheureusement le chef d’Agence de la BRS qui fait l’avocat du diable en faisant le parallèle entre un supposé titre que le malfrat aurait acheté avec un certain « Chine » Lah qui serait domicilié à la BRS, foulant ainsi sa première mission au pied en mettant ses compétences au service du blanchiment d’argent (soit dit en passant, Ila avait eu un antécédent judiciaire avec « Chine » Lah qu’il essaie de présenter aujourd’hui comme celui-là qui l’a propulsé). Ainsi, pour protéger son ami et associé au compte d’une société dénommée Trainga-Oil, Madani Sylla le dota de documents bancaires pouvant attester de la légitimité de ses opérations. Mal leur a pris.
Car, à ce jour, l’affaire se trouve entre les mains de l’enfant prodige du Mandé et non moins Inspecteur principal de la Brigade de Recherches du 3e Arrondissement, Papa Mambi Keïta qui ne ménage aucun effort pour faire la lumière sur cette affaire. Dores et déjà, pour les besoins de l’enquête, le juge du Tribunal de première instance de la Commune II, Souleymane Doumbia qui avait l’affaire en charge vient de lui déléguer ses prérogatives. Et depuis, il n’a pas chômé. Déjà, suite à une perquisition effectuée chez Iba Koïta, l’analyse des documents retrouvés en sa possession a permis d’établir beaucoup d’incohérences.
Notre malfrat qui dit être domicilié au centre des Impôts de la Commune IV ne possède, jusque-là pas, de numéro d’identification. Condition sine qua non pour que toute banque sérieuse accorde un prêt à ses clients. Mais, comme il était dans les bonnes grâces du chef d’Agence de la BRS, il ne devait pas se faire de souci à ce propos. Un chef d’Agence qui choisi délibérément de s’associer avec un particulier même si cela reste un tabou dans les milieux bancaires. Aussi, avec le nom de Madani Sylla, Ila émettait des chèques au motif que c’est celui-là son homme de confiance au niveau de ladite structure, pour ne pas directement dénoncer son complice. Aux dires de Iba Koïta, pour bénéficier de ces soi-disant prêts, il aurait présenté à la banque, à titre de garantie, une maison en bail devant appartenir à une dame qui est née en 1905.
Ce qui du reste, n’est accepté par aucune banque de la place.
L’autre question qui taraude les esprits, c’est surtout le montant de ces prêts quand on sait que aucune banque de la place ne prête à un particulier jusqu’à concurrence de 100 millions FCFa, à l’exception de certains opérateurs céréaliers dont nous préférons taire les noms et qui constituent un nombre très minime. Il reste entendu que si ce n’est dans une logique de blanchiment d’argent du côté de la BRS, l’intérêt pour Madani Sylla de soutenir un tel individu à l’aide de documents savamment octroyés, mérite des explications, indépendamment de cette procédure dont plus jamais, aucune tentative ne saurait divertir qui que ce soit.
De toutes les façons, les enquêtes continuent leur petit bonhomme de chemin et plus rien ne pourra s’opposer à la manifestation de la vérité qui est déjà perceptible. Pour mener à bien cette mission exaltante et très délicate, l’Inspecteur Principal de la Brigade de Recherches du Commissariat du 3e Arrondissement, Papa Mambi Keïta et son équipe restent de marbre et résistent à toutes les intimidations de certains avocaillons, arguant être commis dans cette affaire pour Ila comme s’ils étaient à leur début le métier.
Affaire à suivre
Abdoul Karim Maïga
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