Dans toute lutte syndicale, il faut savoir où s’arrêter. Mais la COSES, a une autre lecture de ce maxime.
Tout a commencé lorsque cette coordination a soumis au gouvernement une plate forme revendicative. Comme il fallait s’y attendre, parmi ses points de doléances certaines, n’ont pas eu de suite lors des négociations. Mais ceux sur lesquels les débats se sont focalisés ont été notamment, l’attribution des logements sociaux et certaines promesses prises par le Gouvernement Issoufi.
Sur ces points les responsables de la coordination se sont montrés intraitables, malgré les raisons gouvernementales évoquées ici et là. Ce qui ne fut sans conséquence. Le premier couac des syndicalistes fut de s’être acharné contre le ministre en cherchant à tout prix d’obtenir son départ du gouvernement. Feignant d’oublier que seul le président qui a nommé son ministre reste le seul qui peut en décider. C’est donc tout ahuris qu’ils ont découvert un président de la République en parfaite symbiose avec son ministre.
C’était le 8 juin 2008, date anniversaire de l’investiture de ce dernier. Pourtant jusque là l’on faisait croire que le ministre agissait intuitu personé. Ils sont d avantages tombés des nus lorsque le chef de l’Etat préconisait de poursuivre les évaluations avec les professeurs qui le désirent.
Du coup le navire des « COSESboys » commença à tanguer en pleine mer.
Eux qui pensaient qu’aucune évaluation n’est possible sans eux.
Tout cela a rassuré les élèves qui redoutaient déjà une année perdue mais dont ils n’en aient pour rien. Au finish l’astuce tout trouvé par la COSES c’était de crier à la trahison. Mais pouvait-il en être autrement lorsque toutes les issues sont bouchées et que les parents d’élèves eux-mêmes ont compris que le Rubicond a été franchi.
Abandonnés par la Présidence de la République, le ministère de tutelle qui s’est bien moqué d’eux, les parents d’élèves qui les plaignent et les élèves qui les ont « trahit » ; certains membres de la COSES regrettent d’en arriver là. Non seulement leur salaire en a pâti à cause des grèves intempestives ; mais aussi, leur crédibilité en a pris un sacret coup. Prononcer le seul nom de ce syndicat crée d’énormes polémiques pour certains enseignants du secondaire.
Et pour d’autres, si les évaluations étaient à reprendre ils accepteraient sans murmure. Voyant le drame pointé à l’horizon, les responsables de la COSES chercheraient un ralliement avec le syndicat de l’enseignement privée du Mali. L’avenir nous dira si le dernier né des syndicats de l’enseignement acceptera de chausser les bottes de leurs aînés.
En tout cas le vin est tiré il faut le boire.
Reste à savoir si elle persistera en refusant de dispenser les cours à la rentrée prochaine.
En somme, la COSES est victime de sa propre démesure.



