La CSTM instaure la tradition au Mali
dimanche 12 octobre 2008 par Abdoulaye Diakité
Le concept travail décent a été introduit et promu initialement par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en juin 1999, une année après l’adoption de la déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail (juin 1998).
L’OIT définit le travail décent comme une possibilité pour chaque femme et chaque homme d’accéder à un travail productif dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité. Ainsi, à en croire Boubacar Hamadoun KEBE, responsable du département administration et emploi du comité exécutif national de la CSTM, principal animateur de l’atelier et conférencier d’un point de presse tenu la veille, le travail décent constitue le point de convergence des quatre objectifs stratégiques de l’OIT soutenus par les quatre principes de la déclaration. Les quatre objectifs stratégiques sont : promouvoir et mettre en œuvre les normes et principes fondamentaux au travail ; accroître les possibilités pour les femmes et les hommes d’obtenir un emploi et un revenu convenable ; accroître l’étendue et l’efficacité de la protection sociale ; et renforcer le tripartisme et le dialogue social.
Tandis que les quatre principes de la déclaration soutenue par huit conventions fondamentales de l’OIT toutes ratifiées par le Mali sont : la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective (87 et, 98) ; l’élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire (29 et, 105) ; l’abolition effective du travail des enfants (138 et, 182) ; et l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession (100 et, 111). Le principe cardinal de l’OIT étant le tripartisme comme ses autres actions et activités, le travail décent et la mise en œuvre de son agenda ne peuvent se réaliser sans le dialogue social et le tripartisme.
C’est pourquoi, dira le conférencier, le mouvement syndical mondial et spécialement la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et sa branche régionale africaine, dont la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM) est l’unique représentante dans notre pays, ont décidé d’organiser le 07 octobre de chaque année la journée mondiale pour le travail décent. Cette journée a pour but d’offrir aux syndicats et aux organisations oeuvrant pour le travail décent une occasion sans précédent de mettre l’accent sur le besoin urgent d’une nouvelle mondialisation humaine et solidaire. Le travail décent voudrait que toute personne dans le monde ait un emploi lui permettant de mener une vie digne répondant à ses besoins essentiels.
Il est la meilleure manière de lutter contre la pauvreté parce que l’insuffisance d’emplois est synonyme de pauvreté.
En ce qui concerne notre pays, le conférencier KEBE explique que le gouvernement a décidé, avec l’appui du Bureau International du Travail (BIT) et la participation des partenaires sociaux (employeurs et travailleurs) et d’autres membres de la société civile malienne, d’organiser très prochainement un forum national sur le travail décent dont l’objectif principal est de faire un état des lieux du travail décent au Mali et d’aboutir à un véritable consensus national sur les politiques et programmes d’action à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs stratégiques du volet emploi du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) au Mali.
Toujours selon le conférencier KEBE, la CSTM, conformément à ses idéaux et aux résolutions générales des congrès constitutif (avril 1998) et ordinaire (octobre 2004), a inscrit toutes ses activités tant nationales, régionales qu’internationales dans le cadre global d’atteinte des principes et objectifs du travail décent.
Abdoulaye Diakité
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