« La Faculté était transformée en centre commercial »
lundi 21 juillet 2008 par Alou Daou & Dieudonné Diama
Nous avons appris que des résultats ont été affichés par des inconnus dans votre faculté, peut on en savoir plus ?
Les vrais résultats issus des réclamations officiels que nous reconnaissons ont été proclamés mais avec un peu de retard à cause des problèmes des machines.
Mais curieusement, dans la nuit du 14 au 15 juillet 2008, des gens sont vénus afficher des résultats parallèles. Les étudiants nous ont alertés par rapport à la situation. Sur ces résultats, on a imité la signature du Chef de DER et les présidents de commission. Notre réponse a été que nous ne sommes pas au courant de ces résultats. Pour lever toute équivoque, nous avons fait un avis à l’intention des étudiants pour leur dire que nous déclinons toutes nos responsabilités par rapport à ces résultats.
En outre, nous avions nos propres résultats prêts à être affichés. Pour ne pas créer une situation de confrontation, on a préféré attendre. Nous avons attendu le lendemain, c’est-à-dire le 16 pour appeler la police du 3ème Arrondissement pour protéger nos agents qui avaient en charge d’afficher nos résultats.
C’était vers 15 heures. Mais le lendemain, on a appelé le Chef de DER pour lui dire que les résultats ont été arrachés. Et nous avons constaté que la plupart des Etudiants n’ont pas eu le temps de les consulter. D’ailleurs, j’ai été interpelé par des étudiants.
Je leur ai répondu que les résultats définitifs sont ceux affichés par le décanat, et n’y en aurait d’autres de valables. Donc des étudiants ont demandé à ce que les résultats soient sur internet pour leur permettre de les consulter. Par ailleurs, il y’a un gardien au niveau de la Faculté. Nous l’avons interrogé par rapport aux vandales qui auraient arraché nos affiches, il a répondu non.
Ces résultats n’étaient-t-ils pas authentifiés ?
Les étudiants disent que ces résultats suspects étaient signés et cachetés. Mais tout le monde sait que n’importe qui peut se procurer un cachet au marché.
Un exemple concret est celui de la lettre de démission du Doyen.
En début d’année, un faux avis de démission du Doyen avec un cachet imité. Dans cet avis, il était écrit : « le doyen et son équipe ne se sentent pas à la hauteur des tâches qui leurs sont confiées. Et compte tenue de cela, ils ont décidé de démissionner ». Mais malheureusement, l’avis était écrit dans un français lamentable et n’importe qui pouvait se rendre compte que ce n’était pas un avis venant du Doyen.
Les étudiants qui sont sensés être à l’origine de ses troubles ont été identifiés, et ils sont connus. J’avais demandé à ce qu’on les traduise en Conseil de discipline.Mais cela fait deux fois que la réunion de la commission chargée de la question est reportée sous la pression des étudiants.
Mes actions sont bloquées.
L’année universitaire 2007-2008 est en retard, quelles sont les mesures envisagées par le Décanat pour la sauver ?
Pour que l’année universitaire soit sauvée, nous avions fait une projection, une simulation. Cette projection a été faite sur la base d’une réunion de DER dont l’objectif était de reprogrammer l’année universitaire.
Pour cela, nous avons fait une programmation des cours. Et sur la base de ce calendrier, les étudiants de la 1ère année ont démarré les cours le 25 mars. Les 2ème Années et les 3ème années le 5 mai et les 4ème années au début du moi de juin. Pour que l’année soit validée, il faut 25 semaines et c’est sur la base de cela que nous avons fait ces calculs. S’agissant des travaux dirigés qui devraient démarrer en juillet. Sur cet aspect, les professeurs avaient émis une idée selon laquelle les cours devraient être arrêtés après le mois de juillet.
Car il est très difficile de travailler au mois d’Août. Cette période correspond à un moment de forte pluie. Donc sachant bien qu’ils ont droit à deux mois de vacance, les professeurs ont décidé de faire un sacrifice, à savoir : venir au mois de septembre pour les évaluations. Sur cette base, ils avaient souhaité que les grands devoirs se fassent vers la fin du mois de septembre pour les 1ères années, et les examens partiels au mois d’octobre.
Pour les 2ème Années et 3ème années, les grands devoirs étaient prévus à partir du 29 octobre. Les 4ème Années dans le même mois. S’agissant des examens de fin d’année, en 1ère année, on avait prévu la 1ère session à partir du 3 novembre et la 2ème session à partir de la deuxième quinzaine du mois de décembre. Pour les 2ème et 3ème années, la première session était prévue pour la première semaine du mois de décembre et la 2ème session au mois de janvier. La 1ère session pour les 4èmes années était prévue pour le mois décembre et la 2ème session au mis janvier. Donc, la rentrée prochaine, pour les 1ères années est prévue à partir de la deuxième quinzaine du mois de février. Et pour les autres, c’est le premier mars.
Est-ce que vous rencontrez des difficultés dans votre Faculté ?
Il ya toujours des difficultés dans cette faculté. D’abord qu’on démarre les cours, avant d’atteindre la vitesse de croisière, il y’a toujours des problèmes d’ajustement des cours. Il peut toujours avoir des chevauchements entre les professeurs. Il faut souvent appeler les professeurs pour qu’ils viennent dispenser des cours…
A cela, s’ajoutent le problème d’élection des Chefs de DER.
D’ailleurs à propos de ces difficultés, le SNEC avait même lancé un mot d’ordre de grève pour revendiquer un certain nombre de points. A savoir, l’élection des chefs de DER. Il avait contesté l’élection du Doyen, il disait aussi que certains de leurs collègues avaient été sanctionnés pour des raisons syndicales. S’agissant de l’élection des chefs de DER, nous avons tenu une assemblée de Faculté pour décider de la création des DER puisse qu’il n’y en a qu’un actuellement. Mais l’assemblée a décidé la création de deux autres pour en faire trois.
DER droit public, DER droit privé, et DER Sciences politique qui ne sera pas d’abord fonctionnel. En arrivant à la commande de cette faculté, vous aviez un objectif, celui de redresser la faculté en lui donnant son lustre d’antan.
Aujourd’hui, est ce que vous êtes appuyé dans cette tâche ?
Il est toujours difficile d’opérer un changement quand on se trouve face à des habitudes ancrées. Il ya beaucoup d’enjeux. Et il n’est pas facile de les changer.
Toutefois, j’ai encore besoin de plus d’appuis. Je ne dirais pas qu’il y’a pas d’appui mais il n’est pas à la hauteur de mes souhaits. Les choses auraient pu bien être autrement et positivement. Par ce qu’on ne peut pas comprendre que les gens qui continuent à troubler la faculté soient connus et qu’on n’arrive pas à les traduire en conseil de discipline.
Et c’est cette impunité qui les encourage.
Sinon le 19 juin des étudiants ont été traduits en conseil de discipline à la Faculté des lettres langues arts et sciences humaines. Les étudiants se plaignent de n’avoir pas encore perçu leurs trousseaux à plus forte raison leur bourse.
Etes- vous êtes sensible à cela ?
Les trousseaux et les bourses sont liés à la signature des décisions de passage, de redoublement et de renvoi. Donc nous avions fait ces décisions qui ont été renvoyées au rectorat. Il s’est avéré qu’il y’avait quelques erreurs et le rectorat nous les a retournées pour la dernière fois le jeudi dernier.Nous avons procédé aux corrections et les décisions ont été retournées au rectorat qui va les examiner. Après ce processus, les étudiants pourront toucher leurs trousseaux et leurs bourses. Et c’est pour bientôt. Je suis très sensible à leur situation. La preuve en est que moi-même j’ai des étudiants chez moi qui sont confrontés au même problème. Nous sommes entrain de déployer tous les efforts pour que les étudiants soient soulagés rapidement.
Comment se fait t-il que des résultats soient publiés dans une faculté que vous dirigez et que vous ne soyez pas au courant ?
On a une faculté que je dirai est en trois sites : on a une partie à l’ENA centrale, une partie dans les nouveaux locaux sur la colline à Badalabougou, et une partie dans la salle Bakaina à Sogoniko.
Les portes de la faculté sont perméables. N’importe qui entre, n’importe qui sort, les murs ne sont pas assez hauts, la surveillance n’est pas à la hauteur. Donc c’est possible. Maintenant comment ils ont fait pour publier ces résultats, ça c’est un autre problème .Mais toujours est-il qu’on met n’importe quelle affiche à la faculté. Surtout qu’ils le font généralement la nuit. Votre mot de la fin En fait le problème à la FSJP c’est ça. C’est vrai que je suis sensible à la situation par rapport aux trousseaux et aux bourses. Il ne faut pas que les étudiants se mettent en tête que cette situation ne me préoccupe pas, bien au contraire.
A la FSJP rien ne me surprend plus.
Le changement gêne, les gens étaient habitués à transformer la faculté en un centre commercial. Il ya des gens qui sont là pour saboter mon travail.
Mais comme on le dit l’homme propose, Dieu dispose


