La fracture est consommée
samedi 28 juin 2008 par Abdoulaye Diakité
Décidément rien n’évitera encore la cassure au niveau du haut conseil des Maliens de l’extérieur, tant les positions sont largement tranchées entre les deux camps : celui de l’actuel président de l’instance, Mamadou Chérif Haïdara, et celui de son premier vice-président, Salim Doucouré. Après la phase de dénonciation des dérives constatées dans la gestion du président Haïdara, le camp de Salim Doucouré a décidé de passer à la vitesse supérieure, d’où la convocation de la réunion extraordinaire des 2/3 du Bureau exécutif, tenue hier dans la salle de conférences du centre Djoliba de Bamako.
32 membres du bureau exécutif, venus des différents pays, ont pris part aux assises d’hier, qui se voulaient capitales, vu l’urgence de la situation. Le caractère extraordinaire de la réunion d’hier s’explique par l’absence, depuis quatre ans, de réunions annuelles ordinaires, lesquelles doivent plancher sur la vie au niveau des différents organes de la structure. Cela, dit-on, par la faute de l’actuel président, Mamadou Chérif Haïdara, qui a enfoncé le Haut conseil des Maliens de l’extérieur, né en novembre 1991, dans un gouffre.
De l’avis des participants à la réunion d’hier, des tentatives ont été menées afin de redynamiser l’organisation, notamment la tenue du 1er Forum de la Diaspora Malienne qui a sorti des recommandations pertinentes et la Conférence Extraordinaire de relecture des textes fondamentaux de l’organisation, dont sont issus les statuts et le règlement intérieur, mais qui malheureusement peinent à être mis en œuvre aujourd’hui par des comportements irresponsables et irrationnels de certains individus.
Salim Doucouré et ses partisans reprochent à l’actuel président, aux commandes depuis 15 ans, son incapacité à définir une vision claire qu’il nourrit pour le HCME, l’absence de réalisation à son actif pouvant témoigner en sa faveur et de ses partisans, lesquels cherchent à maintenir un système qui n’a que trop nui aux Maliens de l’extérieur. Une déliquescence généralisée qui frappe l’organisation depuis ses bases (Secrétariat Permanent, Conseil de base, représentation dans les institutions d’Etat, relations avec les partenaires) jusqu’au sommet (Bureau Exécutif). Des constats accablants tels que l’inexistence de programme dans la gestion du Haut conseil ; le pilotage à vue et des activités mal conçues, mal montées et mal exécutées ; la mauvaise gestion des ressources humaines et financières ; le refus de débattre des questions de renouvellement des conseils des Maliens de l’extérieur et de son Bureau exécutif ; la politique de division des membres du BE ; l’injustice et l’inexactitude des décisions dans les campagnes de renouvellements des conseils de Maliens de l’extérieur.
Le tripatouillage et la manipulation des textes ont été aussi relevés au cours des assises d’hier, lesquelles ont permis de faire l’état des lieux et d’arrêter la liste définitive des conseils membres de la prochaine conférence élective, qui seront informés sur la date de tenue de cette conférence.
Au moment où nous mettions sous presse, la date de la conférence de renouvellement du Bureau Exécutif n’était pas encore arrêtée, mais les autorités et l’opinion publique nationale devaient être informées des recommandations de la réunion d’hier.


