La mortalité maternelle et néonatale au coeur des débats
jeudi 15 mai 2008 par Zakaryaou FOMBA
« Les Sages-femmes aident à construire des familles en bonne santé, la clé de l’avenir se trouve entre les mains des sages-femmes » tel était le thème international retenu pour célébrer cette journée de la Sage-femme. En choisissant le thème rôle de la Sage-femme dans la promotion de la santé de la femme, les sages femmes du Mali témoignent tout l’intérêt qu’elles accordent à leur profession.
Ce thème évoque également l’importance et l’engagement des Sages-femmes à lutter contre la mortalité maternelle et néonatale, une voie sur laquelle elles se sont inscrites depuis bien longtemps. La commémoration, pour la 11ème fois de la journée internationale de la sage-femme au Mali, est une opportunité pour les sages-femmes d’échanger leurs expériences et de réfléchir aux grands défis qui se posent aux femmes tout court mais aussi à la profession de sage femme. Fidèle à ses ambitions, l’Association des Sages-femmes du Mali, dans son combat, s’est engagée aux côtés du Ministère de la santé, pour trouver une solution au problème complexe de l’inégale répartition des sages-femmes sur le territoire national. Dans ce cadre, l’Association continue à sensibiliser les autres sages-femmes à se rendre et à servir là où elles sont plus utiles. Il s’agit particulièrement des milieux les plus défavorisés.
Dans le but de contribuer à réduire de manière exponentielle la mortalité maternelle et néonatale, l’Association, en collaboration avec l’ordre des sages-femmes, a organisé des rencontres sur les lieux de travail à Bamako. Celles – ci avaient pour finalité d’offrir des prestations de qualité aux usagers dans des structures de premier niveau. L’occasion était donc opportune pour la présidente de l’Association des sages-femmes Mme Dicko Fatoumata Maïga de révéler l’importance du thème de la journée. Cependant, les taux élevés de morbidité et de mortalité maternelle et néonatale constituent des défis pour les sages-femmes, a ajouté Mme Dicko Fatoumata MAïga.
En effet, les taux de mortalité maternelle et néonatale en Afrique sont les plus élevés au monde. Au Mali, le taux de mortalité maternelle est de 464 pour cent mille naissances vivantes (EDSIV) contre 582 EDS III. La mortalité néonatale est de 56 pour mille contre 96 % EDS III. La proportion de femmes ayant reçu des soins prénataux est de 70% ( EDS IV) contre 58 % EDS III. Celles ayant bénéficié d’un accouchement par un personnel qualifié est de 49 % contre 42 %.
Pour finir, Mme Dicko Fatoumata Maïga, a rappelé les efforts louables la présidente de la fondation pour l’enfance en faveur de la santé de la reproduction. Comme efforts, elle a cité la gratuité de la césarienne, la dotation de la plupart des centres de santé surtout les zones difficiles en matériels et équipements adaptés aux urgences, la rénovation et l’équipement du siège de l’Association, etc. L’association des sages femmes a fini par solliciter le concours de Touré Lobbo Traoré pour les soutenir dans leur combat de tous les jours. Dans son discours d’ouverture, Mme la présidente de la fondation pour l’enfance et présidente d’honneur de l’Association des sages-femmes du Mali, Mme Touré Lobbo Traoré s’est appesantie sur la nécessité d’un redéploiement des sages-femmes à travers toute l’étendue du territoire national, car la majeure partie des sages-femmes est concentrée à Bamako.
De son côté, le secrétaire Général du Ministère de la santé M. Lanséni Konaté a rappelé aux professionnelles de la prise en charge de la reproduction quelques attributs de leur fonction.
Il s’agit pour elles d’être à l’écoute des personnes en situation de détresse, de poser des actes valables, de se mobiliser autour des valeurs clés de la profession, de favoriser l’autonomie de l’esprit d’entreprise, de s’en tenir à leur savoir-faire et enfin d’aligner la souplesse et la rigueur.
Zakaryaou FOMBA
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