« La pauvreté constitue une violation des droits de l’homme » dixit le président de Amnesty international-Mali
mardi 21 octobre 2008 par Dieudonné Diama
Il faut signaler que la journée mondiale pour l’éradication de la pauvreté a lieu chaque année le 17 octobre. L’objectif est de sensibiliser l’opinion publique sur la nécessité d’éliminer la pauvreté dans tous les pays et l’importance du droit des personnes démunies de sorte qu’elles puissent participer aux prises de décisions. La marche organisée par Amnesty International - Mali rentre dans ce cadre. Cette marche avait comme itinéraire le siège d’Amnesty International Mali, en passant devant le commissariat du quatrième arrondissement, l’école de la paix pour prendre fin à l’école Fadi N’gourou. Une marche pacifique qui a été l’occasion pour Amnesty International Mali, d’autres ONG, des associations, des personnes démunies de faire entendre leur voix et demander au gouvernement d’agir.
Selon Amnesty International, les pauvres sont exclus des décisions les concernant. Toute chose qui fera dira à Amnesty International que le cercle vicieux de la pauvreté et des atteintes aux droits humains ne pourront être brisés que si les personnes concernées qui sont les personnes vivant dans la pauvreté parviennent à s’exprimer et être entendues puisqu’elles connaissent mieux leurs problèmes. La marche a été suivie d’un don de fourniture à l’école Fadi N’gourou à Badalabougou Sema 2. Une école qui regorge en son sein d’enfants aux parents démunis, malades, handicapés, ou même décédés. D’ailleurs, l’école Fadi N’gourou vise à remédier à l’inégalité des chances dont souffrent les enfants dont les parents sont démunis. La promotrice de cette école, Mme Ina Koita dans son intervention dira que l’école a été créée à l’initiative de son frère vivant aux Etats unis. Lequel a en charge les salaires des enseignants, les frais de locations du bâtiment, ainsi que les fournitures des élèves.
Cette école, dira elle, a été créée en 2003 et a déjà remporté en 2004 le prix de la meilleure action de solidarité. Madame la promotrice déplore avoir lancé à maintes reprises des appels au secours aux autorités afin qu’elles le soutiennent dans cette démarche combien noble que son école est entrain de faire à l’endroit de ces enfants. Rappelons qu’à cette école les frais de scolarité annuels s’élèvent à 200 fcfa. Ce sont les parents eux-mêmes qui malgré leur pauvreté ont décidé de faire ce geste symbolique.
Selon elle le problème qui se pose est surtout celui du manque de financement. Mme a tenu à lancer un appel solennel à toutes les personnes de bonne volonté et aux autorités de la soutenir dans sa démarche.
Une démarche qui lui tient à cœur.
Enfin, elle s’est réjouit du choix porté sur son école par Amnesty International-Mali à travers ce geste. Le président d’Amnesty International Mali, Makan Koné dans son allocution dira que la pauvreté n’est pas seulement un ensemble de manques qui peut être traduit par l’impossibilité de vivre longtemps et en bonne santé, de s’instruire, d’avoir des conditions de vie décentes, de participer à la vie de la collectivité ou par l’absence de revenu. Pour lui, elle constitue aussi et surtout une violation des droits de l’homme car étant la résultante d’une forme pernicieuse d’exclusion et de discrimination. A entendre le président Makan Koné, le dénuement des gens pauvres peut s’expliquer par le fait que ceux-ci n’ont pu bénéficier de ce qu’ils étaient en droit d’attendre légitimement des décideurs. Il s’agit de l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à un travail décent, à un environnement sain etc.
A cet effet dira M. Koné, la pauvreté est là pour rappeler que quelque part l’Etat n’a pas respecté tous ses engagements.


