La population furieuse résolue à aller jusqu’au bout
vendredi 10 octobre 2008 par Markatié Daou
Les habitants de Yirimadio Château (ZRNY) ont toujours montré leur opposition à l’implantation de l’hôtel-bar « Milano » qui, selon eux, viole non seulement les textes réglementaires en vigueur dans le domaine de l’hôtellerie et du tourisme au Mali, mais aussi et surtout constitue un facteur de déperdition sociale.
C’est pourquoi, depuis novembre 2006, date du démarrage des travaux de construction dudit hôtel, ils ont interpellé plusieurs responsables, dont des élus de la nation, des chefs de quartiers, le gouverneur du District de Bamako et aussi la mairie de la Commune VI pour obtenir l’annulation du projet d’implantation d’un hôtel dans leur milieu de vie. Le Mairie de la Commune VI, Souleymane Dagnon a diligenté une expertise sur le terrain où il a été constaté l’opérationnalisation de l’hôtel malgré la sommation d’arrêter les travaux lancée par la Mairie en attendant d’y voir clair. En fin de compte, le maire Souleymane Dagnon (une fois n’est pas coutume) a réalisé que la réglementation en vigueur a été foulée au pied, notamment le décret 06-340-PRM du 10 août 2006.
C’est pourquoi se fondant sur le décret 06-340-PRM du 10 août 2006, le maire a procédé à la fermeture de l’hôtel. Coup théâtre, après des tractations comme d’habitude, le même hôtel a repris service il y a quelques semaines avec l’autorisation du Directeur de l’office de l’hôtellerie et du tourisme (OMATHO). Pourtant l’article 3 du décret 06-340 P-RM du 10 août 2006 portant réglementation de l’agrément et de l’exploitation des établissements de tourisme est clair. Il stipule qu’ « aucun établissement de tourisme ne peut être établi à proximité des édifices ci-après : les lieux de culte, les cimetières, les établissements scolaires, les établissements hospitaliers et centres de santé et les casernes.
Un établissement de tourisme ne peut être établi entre deux maisons d’habitation ou à proximité de maisons d’habitation s’il est de nature à créer des nuisances de voisinages ».
Selon les habitants de Yirimadio Château, l’hôtel « Milano » viole tous ces garde-fous. Car, dénonce Dr Mohamed Diallo dont la maison fait face audit hôtel, l’établissement en question n’a jamais rompu avec la nuisance. Car, rappelle-t-il, pas plus tard que la veille de la fête de l’Eid-El-Fitr, deux clients de l’hôtel, sous l’effet de l’alcool, ont passé la nuit à se verser des insanités à cause d’une fille. Chose qui aurait empêché tout l’entourage de dormir paisiblement. Autre violation des normes, l’hôtel « Milano » qui est bâti sur une parcelle à usage d’habitation, est situé non loin d’une école dénommée « l’Ecole la Référence ». Enfin, il est situé dans une zone de recasement dont les habitants craignent pour son influence négative sur l’éducation de leurs enfants. Comme les bars chinois, le président de l’Association Jeunesse Avenir, M. Amadou Coulibaly dit Rodopho Sangenis, craint que l’hôtel-bar « Milano » ne recrute son personnel d’accueil, les filles de joie, dans leurs familles.
M. Doumbia, chef d’une autre famille voisine de l’hôtel-bar « Milano », affirme que les habitant de Yirimadio Château ne cesseront de combattre jusqu’à la fermeture de cet établissement qui peut avoir une répercussion négative sur l’éducation de leurs enfants et la vie de leur famille.
Même son de cloche chez les femmes du quartier qui ont, lors du sit-in d’hier, exprimé leur indignation pour la réouverture de l’hôtel-bar « Milano ». Les autorités coutumières représentées par le chef de village ont toutes désavouées ledit hôtel. La Directrice de « l’école la Référence », Mme Sangaré Salimata, la porte-parole des femmes de Yirimadio Château, Mme Diop Awa CAMARA, le représentant de la Direction de la Jeunesse et le vice-président de l’Association pour le Développement de Yirimadio Château ont tous exprimé leur opposition à l’autorisation de réouverture de l’hôtel « Milano ». Mohamed Diallo a, pour sa part, annoncé d’autres mouvements, notamment le sit-in du 22 octobre devant l’OMATHO et la marche du 5 Octobre sur le ministère de l’Artisanat et du Tourisme. Une poursuite judiciaire sera engagée dans les prochains jours, apprend-on des mêmes sources.
Ces nouvelles voies de recours feront-elles reculer le promoteur de l’hôtel « Milano » qui n’a que faire de l’éducation des familles, puisque lui-même étant installé à Milan, en Italie, semble disposer d’un droit de veto sur certains responsables et représentants de l’Etat qui ne voient que de l’argent ?
Affaire à suivre
Markatié Daou
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