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La privatisation de la CMDT à l’ordre du jour

QUESTIONS ORALES À L’ASSEMBLEE NATIONALE

samedi 28 juin 2008 par Abdoul Karim Maïga

Au menu des activités, le ministre de l’ Economie, de l’Industrie et du Commerce, Amadou Abdoulaye Diallo et sa collègue de l’Education de Base, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo, devaient se prêter aux interpellations de l’Honorable Oumar Mariko et le ministre de l’Agriculture, le Pr. Tiémoko Sangaré à celles de l’Honorable Kalifa Doumbia. En raison de contraintes de service, ces deux ministres, en mission à l’extérieur du pays, n’ont pas pu se présenter. C’est pourquoi seul le Pr. Tiémoko Sangaré de l’Agriculture a répondu à l’interpellation du député Kalifa Doumbia pour donner des éclairages sur la privatisation de la CMDT.

Annoncé depuis une dizaine d’années, le processus de la privatisation de la Compagnie Malienne pour le Développement du Textile est maintenant enclenché.

Cette restructuration de la filière coton en République du Mali a fait couler beaucoup d’encre et de salive, cela s’expliquant par ce que la compagnie représente dans la vie des producteurs maliens. Toute privatisation suscite des débats. En effet, depuis près d’une décennie, la filière cotonnière de notre pays fait face à de sérieuses difficultés qui affectent tout espoir de relance de notre économie grâce à l’or blanc. En témoigne la chute dramatique et constante du niveau de la production. De 800.000 tonnes/an, il y a quelques années, (classant le Mali premier pays producteur du coton en Afrique) le niveau de notre production cotonnière a chuté de plus de 50%. Pour preuve, pour la campagne écoulée, sur une prévision de 560.000 tonnes, elle n’aura enregistré que 308.107 tonnes contre 401.370 tonnes l’année dernière, soit un manque à gagner de 251.893 tonnes.

Pour pallier cette régression de la productivité et redynamiser la filière coton, un schéma de privatisation a été envisagé. Ce schéma prévoit la division de la CMDT en un « holding » divisé en quatre filiales : Bougouni-Sikasso, Koutiala-San, Fana-OHVN, et Kita. En clair, la privatisation de la CMDT est une volonté politique manifestée après les états généraux du coton, qui étaient une réponse au refus de certains cotonculteurs de produire.

Par cette interpellation, il s’agissait pour l’Honorable Kalifa Doumbia d’envisager la possibilité de l’échec d’une telle privatisation comme ce fut le cas dans des pays voisins. Pour un plan de privatisation réussi, il préconise de mettre les 3 millions de producteurs au centre de toutes les entreprises. Leurs intérêts doivent passer en premier lieu, avec l’amélioration de la productivité et leur participation active. Le ministre Sangaré a expliqué que les échecs constatés ailleurs sont dus à une absence d’inter professionnalisation. C’est-à-dire à l’inexistence d’un cadre de concertation entre tous les acteurs de la filière. D’autre part, le non classement du coton, qui est déjà une réalité à la CMDT, avait fait défaut à ces pays.

Pour atteindre ses objectifs, le Département de l’Agriculture a pensé à la fixation d’un prix unique dans le cadre de l’achat du coton aussi bien que des intrants. S’agissant de l’approvisionnement en intrants pour la présente campagne, M. Sangaré a évoqué des chiffres très récents attestant de l’approvisionnement en urée et en phosphate des zones concernées, même si un léger retard, qui ne relève pas de leur ressort, a été constaté. L’autre défi, dira le Pr. Sangaré, est la question de la tendance référentielle du rendement qui est en nette baisse. Abondant toujours dans le sens de ses craintes dues à cette privatisation, l’Honorable Kalifa Doumbia mettra un accent particulier sur le volet social. Il fera cas des amères expériences de privatisation qui ont été couronnées de licenciements, comme à l’Huicoma. A ce propos, le ministre lèvera toute équivoque. Il expliquera que cette restructuration, au lieu de favoriser des licenciements, créera plutôt des emplois.

Avec la multiplication des différentes directions, les ressources humaines seront très sollicitées.


 

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