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La problématique démographique

éducation nationale

samedi 17 mai 2008 par Seydou Coulibaly

Les deux ministres en charge de l’éducation ne manquent pas d’occasion pour expliquer qu’ils visent prioritairement la maîtrise de la croissance des effectifs en vue d’améliorer l’efficacité de l’enseignement.

Dans un pays où la politique scolaire exige que tous les enfants soient instruits, la solution de la maîtrise des effectifs passe, selon les ministres, par la maîtrise de la croissance démographique. Avec un taux d’accroissement naturel de 2,5 %, la population malienne croit à un rythme excédent les capacités économiques du pays. Le nombre des élèves et étudiants du Mali s’évalue aujourd’hui à environ 1,5 million d’enfants (du primaire au supérieur).

L’enseignement primaire qui bénéficie de larges avantages des partenaires au développement verse annuellement plus de 74 000 élèves au niveau secondaire qui à son tour charge le supérieur avec 28 % de taux de croissance annuelle. Au terme des conclusions avec les partenaires techniques et financiers, l’Etat qui doit largement s’occuper du secondaire et du supérieur affiche une attitude de démission sous prétexte de débordement des effectifs ouvrant la voie aux écoles privés. Conséquence : plus d’une dizaine de milliers d’élèves (14 173 titulaires du DEF en 2007) mis à l’écart chaque année.

Les autorités ne se gênent pas de dire que, dans les grandes orientations de la politique éducative, l’option fondamentale en matière d’enseignement secondaire général, technique et professionnel, consiste à orienter à l’horizon 2008 65 % des élèves admis au DEF. Il faut dire que l’Etat ne dispose que de 43 établissements d’enseignement secondaire général sur 210 et 14 établissements d’enseignement technique et professionnel sur 120.

L’enseignement supérieur compte aujourd’hui plus de 65 000 étudiants avec comme corollaire des effectifs pléthoriques dans les facultés. Et l’Etat peine à adapter les structures universitaires aux normes académiques modernes.

La question de l’école nécessite donc une réelle volonté politique de sortir de la crise, impliquant tous les partenaires de l’école. Et non l’usage de planning familial auquel la ministre de l’éducation de base appelait les femmes.


 

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