En effet, les deux anciens ministres ont aujourd’hui l’ambition de reconquérir le parti en faisant occuper les postes plus prestigieux par Aly Nouhoun Diallo (1ère vice-présidence), l’ancien ministre de l’Education nationale et ancien député, Moustaph Dicko, et l’ancien ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales Ousmane Sy.
On prête aussi des ambitions à d’autres personnalités comme les actuels ministres Tiémoko Sangaré (Agriculture) et Sékou Diakité (Développement social), qui souhaitent monter en grade au sein du CE. Contre toute attente, le premier nommé visera le poste de 1er vice-président que devra très certainement perdre Soumeylou Boubèye Maïga en panne. Selon certaines sources, Tièmoko Sangaré serait encouragé et soutenu par le président Dioncounda Traoré qui a fait la même promesse à Iba Ndiaye. Même le titulaire du poste, Soumeylou Boubeye Maïga, fait l’objet d’une cour assidue de la part du président de l’Adéma qui serait en train de l’amadouer au motif que le statu quo serait maintenu. Ce dernier aussi, dans certains milieux, évoque ses complicités avec l’actuel président de l’Assemblée nationale qui, du reste, a eu toutes les difficultés du monde, pour se faire élire dans sa base à Nara. Dans ses manœuvres dilatoires, le président Traoré avait également tenté de susciter des ambitions chez le ministre Sékou Diakité pour la première vice-présidence.
Mais il est presque certain que Dioncouda Traoré flirte avec le camp qui se réclame de l’ancien président Alpha Oumar Konaré, à savoir Aly Nouhoun Diallo, Moustaph Dicko, Ousmane Sy et Ahmed El Madani Diallo qui ambitionnent de revenir au 1er plan à l’issue du congrès de la semaine prochaine.
Des barons appelés à perdre leurs postes Pour un député de Kayes, Dioncounda Traoré a toujours construit ses projets sur les divisions qu’il entretient lui-même depuis des années. En fait, il est déjà tourné vers 2012 et a déjà planifié de liquider tous ceux qui peuvent contrarier ses plans. En attendant, il risque d’avoir chaud car ses agissements ont commencé à agacer plus. Sa mise à l’écart, réclamé, selon certaines sources par l’ex-président Alpha Oumar Konaré, n’est plus un tabou.
Bien au contraire, son empressement à postuler à la magistrature suprême est une source d’inquiétude autant pour ses propres camarades que pour ses partenaires de la majorité qui l’accusent d’être déjà parti en campagne présidentielle.
Pour lui comme pour tous les autres barons de l’Adema, le congrès de la semaine prochaine risque d’être périlleux car on fera certainement beaucoup de mécontents puisqu’il faut faire la place aux jeunes frappés par la limite d’âge, les revenants et surtout les cadres du RND de l’ancien ministre de la Justice Abdoulaye Garba Tapo dont le parti a fusionné avec l’Adema. D’ores et déjà, la fin de parcours semble sonner pour certains leaders historiques du parti majoritaire. Si pour des raisons d’âge, certains comme les professeurs Bocar Sall et Mohamedoun Dicko, pourraient être écartés du C E ce week-end à l’issue du congrès, d’autres à l’instar d’Aly Nouhoun Diallo, Marimatia Diarra voire Soumeylou Boubèye Maïga pourraient perdre leurs places, au meilleur des cas reculer dans la hiérarchie au sein de la direction de la Ruche.
En tout état de cause, une page sera tournée cette semaine au parti de l’Abeille.



