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Le « Blén » ou les maux de nos mères par nos propres mots

Moeurs à la morgue

dimanche 13 avril 2008 par Aly BARBU

La raison est de ne pas se voir dans le même panneau que les concernés du sujet.

Le dirait-on, la jeunesse a toutes les chances de pouvoir effacer ses erreurs, pardon certaines de ses erreurs.

Car il y en a d’autres qui laisseront leur trace le long de toute une vie. Dans ce précis récit, nous ferons cas de l’une des ces bévues partagées entre des générations de chez nous, particulièrement à Bamako et autres parties du pays.

Toutes les civilisations au monde offrent une place d’honneur à la Femme (mère des vies). L’Afrique par rapport aux autres continents, est celle qui vénère le plus l’espèce féminine et réserve la question d’intimité de cette dernière au rang des sujets tabous. L’histoire nous a conseillé dans le mandingue du grand empire du Mali, le respect, l’honneur et l’amour de la Femme, au point que certains iront jusqu’à définir un enfant maudit comme étant celui qui n’a pas respecté sa mère.

Donc, « le paradis d’un enfant demeure sous les pieds de sa mère » ! Malheureusement, cette assertion des sages ne se veut plus à la mode, la nouvelle tendance opte plutôt pour l’argent, nouvel itinéraire paradisiaque. Et quant à la Femme (mère de nos vies), elle devient le « torse cul » de tout le monde. Chez des vieux comme chez des jeunes, dans les bureaux, dans les quartiers, surtout autour de la théière, dans une gare de Sotrama, le juron n’est crédible que, lorsqu’il est fait au nom des parties intimes de la mère.

Le Dieu éternel ne signifie plus grand-chose et l’expression :« je jure au nom de Dieu » à céder la place au BA….. Le phénomène s’est même emparé de certains téléphones portables où des fichiers audio sont exclusivement consacrés à la chose. Et là, c’est encore plus grave, parce que c’est à la mère des personnalités que l’on s’en prenne pour des raisons encore méconnues.

Dans la foulée, le bonjour classique, pour ne pas dire traditionnel, est talonné par « Woulouden, kan dioumenbeye » (fils de chien et les nouvelles ?).

Quand on est fâché et que l’on veut l’extérioriser, le sérieux n’est plus vu dans le regard, ni dans les gestes mais plutôt dans : « M’bé blén kè dè ! » (Je vais insulter au nom de la mère !).

C’est triste et déplorable mais c’est vrai. Nos mères ne sont habillées que par l’apparence, car leur intimité ne coûte plus rien dans nos causeries. Ce constat vous pouvez le faire vous aussi, je vous le jure, AH ! Pardon Nazoum…si vous n’etes pas d’accord avec moi.


 

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