Les deux tendances du bureau exécutif n’ont pas pu s’entendre sur l’essentiel, c’est-à-dire la gestion de la crise avant le congrès. La dissidence, dirigée par Mme Dembélé Oulématou Sow, 2ème secrétaire administrative, a jugé nécessaire, voire obligatoire d’informer la base sur les raisons de la crise et d’ébaucher avec celle-ci les solutions probables.
Les choses se sont réellement précipitées après la diffusion d’une déclaration par le comité de conciliation invitant les deux parties à cesser toutes les activités à l’intérieur du pays, alors qu’au même moment la présidente sortante exerçait ses fonctions. Le comité de crise n’a pas approuvé cette démarche des médiateurs. Il a alors décidé de passer à la vitesse supérieure en organisant son assemblée générale au siège de la Cafo, malgré la présence (dissuasive ?) des forces de l’ordre. En tenant cette AG sous haute surveillance, Oulématou Sow et ses camarades ont démontrer qu’elles iront jusqu’au bout de leur lutte, c’est-à-dire remettre la Cafo dans la ligne de la légalité.
La réunion a commencé par la lecture des noms des huit membres du bureau qui s’opposent à la secrétaire exécutive sortante Oumou Touré. Parmi elles, cinq étaient présentes : Mme Dembélé Oulématou Sow, 2ème secrétaire administrative ; Mme Coulibaly Siga Keïta, 1ère secrétaire aux affaires juridiques et aux Droits Humains ; Mme Sangaré Nana Coulibaly, 1ère secrétaire aux finances ; Mme Sidibé Kadidia Aoudou, 1ère secrétaire aux affaires sociales et à la santé ; Mme Fanta Sangaré, 2ème secrétaire à la Communication. Les autres sont : Mme Hawa Diallo, 2ème secrétaire à l’organisation ; Mme Traoré Fatoumata Diakité, 2ème secrétaire chargée des Relations extérieures ; et Mme Maïga Absétou Diarra, 1ère secrétaire à l’éducation, à la culture et à la paix.
Les coordinatrices locales et régionales, qui ont rejoint le mouvement, ont été également citées en public. Il s’agit entre autres de Djenebou Sow, qui coordonne les comités de crise des six communes du district de Bamako, Kadiatou N’diaye pour Kayes, Kadidia Maïga pour Gao, Batoma Doumbia pour Kidal, Mme Kanté Aïché à Ségou, et Fanta Diakité à Sikasso, qui est même membre du bureau national de la cafo.
Dans son intervention, Mme Dembélé Oulématou Sow a d’abord fait la genèse de la lutte qui a abouti à la création de la Cafo jusqu’au congrès de septembre 2002 qui les a portées au secrétariat exécutif. Elle explique que la goutte d’eau, qui a fait déborder le vase, c’est le refus de Oumou Touré de prendre leurs cotisations pour leur barrer le chemin du congrès. La position actuelle de la dissidence est principalement motivée par la mauvaise gestion de la Cafo par sa secrétaire exécutive. Le groupe dénonce pêle-mêle des détournements de fonds, de véhicules, de logements et même de deux lots à usage d’habitation donnés à la Cafo par l’ancien maire du District de Bamako, Ibrahima N’Diaye.
Les militantes présentes à l’AG apportent leur soutien total au comité de crise, qu’elles invitent à aller jusqu’au bout pour mettre fin à cette opacité au sein de la Cafo.
Le Comité les a rassurées de son engagement, tout en les conseillant de s’acquitter de leurs cotisations avant le congrès afin d’éviter le piége de la secrétaire exécutive.
Oulématou Sow a expliqué que leur lutte ne rentre pas dans un règlement de compte, mais plutôt dans une logique de sauver la Cafo de cette mauvaise gestion. Aujourd’hui, le Comité national de crise exige l’audit du patrimoine de la Cafo avant le congrès et envisage même d’occuper quelques bureaux au siège de la Cafo (au même titre que les autres membres) à partir du 2 janvier 2008.



