Le Mouvement des Sans Voix dénonce l’option libérale du régime ATT
mardi 15 juillet 2008 par Assane Koné
Tahirou Bah, responsable de la structure a indiqué que le Mouvement des Sans Voix/No Vox, en participant au forum des Peuples s’est fixé l’objectif de faire entendre la voix de ceux qui n’ont pas droit au chapitre et de faire des propositions alternatives.
D’entrée de jeu sur le plan social, il affirmé que le constat est amer. Selon lui, aujourd’hui, le Mali traverse l’un des pires moments de son histoire. “Avec la liquidation de nos sociétés et entreprise d’Etat, des milliers de travailleurs sont arbitrairement licenciés sans préavis ni droits”, a-t-il déclaré. Avant de soutenir que ces licenciements ont provoqué la dislocation des familles des travailleurs avec son cortège de malheurs. Il a rappelé que la non orientation de 14 000 titulaires du diplômes d’études fondamentales (DEF) n’est que l’une des conséquences de la liquidation programmée de l’école publique faisant d’eux des délinquants potentiels.
De même, il a dénoncé l’abandon des hôpitaux publics qui sont deve-nus des mouroirs pour les populations démunies. En ce qui concerne le plan politique, il a soutenu que le régime en place refuse tout dialogue constructif ou contradictoire. “Les libertés individuelles et collectives sont sapées à longueur de journée : interdiction de marche et de sit-in”, a-t-il dénoncé. Les arrestations et agressions, à son avis, sont devenues des pratiques courantes de notre gouvernement qui tend vers l’institutionnalisation d’un Etat policier.
Le Mouvement des Sans Voix a indiqué que la politique étrangère de notre pays dans sa forme actuelle est néo-coloniale, compromettant ainsi notre indépendance et notre souveraineté. “Nous dénonçons le silence des autorités face à l’adoption par l’Union européenne de la Directive Retour. Synonyme de directive de la honte, elle ouvre la porte pour la signature des Accords bilatéraux franco maliens sur l’immigration et les APE”, a-t-il déclaré. Sur le plan économique, le Mouve-ment des Sans Voix a estimé que le Programme de développement économique et social (PDES) du Président de la République du Mali n’est qu’une option économique libérale visant à renforcer le capital financier international.
Pour cela, les militants du Mouvement des Sans Voix ont clairement indiqué qu’ils rejettent le PDES dans son ensemble. En lieu et place, ils ont proposé une économie dirigée par l’Etat avec le droit d’intervention et de contrôle du peuple. Entre autres propositions, ils ont demandé le respect des droits humains, la réhabilitation des services publics et le rejet des accords bilatéraux franco maliens sur l’immigration. Ils ont aussi demandé à l’Etat de récupérer les usines et entreprises privatisées et opérer une forme de gestion qui prend en compte l’intérêt des travailleurs et des populations.
Les militants du Mouvement des sans Voix exigent une agriculture paysanne passant par l’accès à la terre et à l’eau, à la formation, aux matériels et aux moyens de production. Pour finir la déclaration exige la justice pour tous les travailleurs victimes des privatisations.


