Le RFBNN, une opportunité pour les bibliothèques nationales de l’Afrique de l’Ouest francophone.
dimanche 18 mai 2008 par Amadou Békaye SIDIBE
Vu son ambition qui est de numériser et de mettre en ligne les collections patrimoniales conservées dans les bibliothèques nationales et bibliothèques patrimoniales de l’espace francophone, le Réseau a décidé de s’élargir aux autres pays francophones.
C’est ainsi que sous la direction et grâce à l’appui de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) une rencontre des directeurs de bibliothèques nationales et de bibliothèques patrimoniales a été organisée les 13 et 14 septembre 2007 à la Bibliothèque royale de Belgique. A cette rencontre à laquelle le réseau a été présenté aux directeurs de bibliothèques nationales, le Mali était représenté par Mamadou Konoba KEITA, Directeur National des Bibliothèques et de la Documentation et Amadou Békaye SIDIBE en qualité d’expert.
Il faut signaler qu’avant la rencontre de présentation du réseau aux directeurs, des experts, dont Monsieur SIDIBE, s’étaient rencontrés à Paris le 9 mars 2007 pour parler de l’élargissement du réseau et définir les priorités de la numérisation. Ainsi, lors de cette réunion technique, il a été décidé d’accorder la priorité à la presse ancienne de 1850 à 1950 dans les projets de numérisation dans le cadre du réseau. En outre, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), en raison de l’expertise qu’elle possède dans la numérisation des documents, a été chargée de concevoir le prototype du portail Internet du réseau. Ledit portail a été présenté aux directeurs des bibliothèques nationales lors de la rencontre de Bruxelles.
Le Mali a proposé le 29 juin 2007 pour le portail commun 5 titres de périodiques anciens dont le "Bulletin de la chambre de commerce de Kayes". Il faut signaler que ce titre à l’instar d’autres périodiques maliens de la période coloniale est disponible à la BnF et y est même déjà numérisé. En ce qui concerne les ouvrages libres de droit, la Bibliothèque nationale du Mali en a proposé 567 dont 421 sont disponibles dans les fonds des Archives nationales du Mali.
Notre pays participe activement au réseau depuis mars 2007 et pour plusieurs raisons adhère parfaitement à ses objectifs. D’abord, le réseau est une opportunité unique pour le Mali d’accéder à ses riches et immenses ressources documentaires de la période coloniale dispersées à travers le monde francophone (livres, journaux, revues, études, etc.).
En effet, que ce soit à l’IFAN de Dakar, à la BnF, ou dans des institutions de recherche des pays francophones d’Afrique, il existe de nombreux documents sur le Mali et auxquels les chercheurs maliens ne peuvent accéder faute de moyens. Car il leur faut se rendre dans le pays détenteur des documents et y séjourner. Pour pallier partiellement cette difficulté d’accès des chercheurs aux documents patrimoniaux disponibles sous d’autres cieux, la Bibliothèque nationale du Burkina Faso a levé en juin 2006 une mission pour aller répertorier et photocopier les documents qui l’intéressent à l’IFAN de Dakar. Avec la mise en commun des ressources sur le portail, ces déplacements ne seront plus nécessaires. Ensuite, la participation au réseau permettra à la DNBD du Mali de faire connaître son fonds documentaire, de le promouvoir et d’atteindre des utilisateurs distants. Désormais des chercheurs américains, européens, d’Asie, d’Afrique ou même d’Océanie pourraient accéder à notre fonds, mener des recherches sur le Mali, son histoire, son économie, ses groupes ethniques, ses ressources naturelles sans être toujours obligés de venir dans notre pays. Une autre raison de l’adhésion de la DNBD au réseau est qu’à travers lui, elle peut acquérir de l’expérience, renforcer les capacités de ses agents dans la numérisation, dans l’archivage des documents numériques. Cette expérience lui sera d’ailleurs indispensable dans sa mission d’assistance technique aux unités documentaires du Mali et dans sa collaboration avec les projets de numérisation (Manuscrits de Tombouctou, par exemple). Déjà des actions dans ce sens ont débuté, car un agent de la DNBD vient de suivre du 10 avril au 17 avril dernier à la BnF à Paris un stage en numérisation.
Enfin, la DNBD participe au réseau car elle croit en la nécessité d’avoir sur le Net un contenu francophone riche, divers et pertinent. Preuve de la diversité et de la différence, le contenu de nos différents pays mis en commun nous fédérera et nous permettra d’avoir et de garder une position forte sur le web. Pour une contribution efficace au réseau, la DNBD crée actuellement un cadre de concertation entre les structures détentrices ou protectrices des documents patrimoniaux (DNAM, DNPC, IHERI, Institut des Sciences humaines).
En outre, elle lancera très prochainement une enquête pour identifier les anciens périodiques et leurs détenteurs. Des contrats de numérisation de la presse et des livres non libres de droit pourront être négociés avec les éditeurs et les auteurs.


