Le Vérificateur général débarque à l’ORTM
jeudi 13 mars 2008 par Issa Fakaba SISSOKO
Par cette mission, les enquêteurs du Vegal cherchent à voir clair dans la gestion des ressources du service de l’audiovisuel étatique, notamment en ce qui concerne l’élaboration et la gestion de la comptabilité, la Justification des dépenses et la moralité des factures.
Parler du Vérificateur général, de son rapport et celui d’autres missions de contrôle, comme la Cellule d’appui au contrôle de gestion de l’administration, CASCA, remet une fois de plus sur le tapis le débat sur l’utilité de la publication dans notre pays des rapports sur le détournement des deniers publics et la corruption. Tant les tiroirs des juridictions en sont pleins. On se rappelle, pour le seul exercice 2006-2007, que le bureau du Vérificateur général a, dans le rapport remis au chef de l’Etat, décelé un manque à gagner de plus 100 milliards de francs CFA. A ce jour, les dossiers sont rangés dans les tiroirs, et aucune action n’est encore entreprise par le juge anti-corruption. Pis, certains hauts responsables de l’administration épinglés dans ledit rapport, continuent d’exercer et de commettre d’autres forfaits.
En clair, au Mali, la lutte contre la corruption et le banditisme financier est un véritable paradoxe, tant la disparité est grande entre les déclarations et les faits.
On imagine mal un tel scénario pour un Mali dont le président a fait de la lutte contre le fléau une priorité. « Je serai particulièrement intransigeant sur la bonne gestion des ressources de l’Etat », déclarait-il le 8 octobre dernier au cours de sa première prise de contact avec les membres l’équipe gouvernementale conduite par M. Modibo Sidibé.
Quelques jours après cette déclaration, dans la Lettre de cadrage remise au chef du gouvernement, ATT est revenu à la charge : « Dans le cadre de la lutte contre la corruption, tout en veillant à la prévention par les procédures et contrôles appropriés et à la sanction le cas échéant, les chantiers à ouvrir en priorité seront la relecture du code des marchés publics, la réforme des Directions Administratives et Financières (DAF ) et l’organisation des Etats Généraux de la lutte contre la corruption dès le premier semestre 2008 pour parvenir à un projet national partagé de lutte contre la corruption pour instaurer les bonnes pratiques dans la gestion des affaires et des deniers publics ». Une belle détermination, qui semble malheureusement marquer le pas.
Y aura-t-il vraiment des actions contre la corruption ?
A l’heure du bilan, nous en saurons.
Issa Fakaba SISSOKO
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