Le baroud d’honneur de l’opposition
mercredi 18 juin 2008 par Abdoulaye Diakité
Au moment où le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, face à la barbarie meurtrière des bandits armés dans le camp militaire d’Abeïbara, optait pour une offensive impitoyable et leur traque, c’est ce moment que le Parti de la Renaissance Nationale (PARENA) choisit pour faire part à l’opinion nationale de la nécessité de renégocier les accords d’Alger du 04 Juillet 2006, qu’il avait pourtant célébrés quelques jours seulement après leur signature.
Le président du PARENA disait en substance que s’il y avait des difficultés pour l’application desdits accords, qu’il n’y avait pas de problème pour leur renégociation.
Par ces propos, Tiébilé Dramé venait de rejoindre une position déjà soutenue par le terroriste Bahanga, lequel en se mettant en marge desdits accords, avait exigé leur renégociation. Cela constituait pour lui un retour de l’ascenseur, puisque le terroriste Bahanga dans une interview accordée à un journal algérien, le prenait à témoin par rapport aux lenteurs constatées dans l’application desdits accords.
Or, d’après les informations fournies par le chef de l’Etat, à l’occasion du 8 Juin, sur 18 points retenus dans les accords d’Alger, 15 étaient en application et les trois autres points étaient en étude. Mais, en décortiquant les exigences du terroriste Bahanga, on se rend à l’évidence que lorsque celui-ci parle de renégociation, il fait allusion à un allègement du dispositif militaire dans ses zones d’influence pour lui permettre de bien s’adonner à son activité favorite, le trafic de drogue, d’armes et de munitions.
Tout le problème de Bahanga avec les accords d’Alger se situe à ce niveau.
Or, tout pays est jaloux de sa souveraineté et de son intégrité territoriale. Et comme l’a si bien dit ATT le 8 Juin, on pourra tout négocier avec ces bandits armés, sauf ces deux points ci-dessus cités. Alors, quand le président du PARENA sachant bien que le problème avec Bahanga se situe à ce niveau, se permet de se prononcer en faveur d’une renégociation de ces accords, n’est-il pas en train d’aider le terroriste Bahanga à obtenir un territoire pour ses affaires ?
La preuve que c’est l’intégrité territoriale qui constitue le problème de Bahanga avec les accords d’Alger est en train de s’établir actuellement en Algérie, où sous l’impulsion de ce pays des pourparlers ont été encore engagés et se butent à cette épineuse question. Doit-on aider un terroriste à obtenir satisfaction, si cela doit porter atteinte à notre souveraineté ? Ou tout simplement Bahanga et Tiébilé filent le même coton pour les mêmes prébendes ? Aussi, lorsque après l’attaque meurtrière d’Abeïbara, le Chef suprême des armées a investi ces dernières de leur pleine mission de sauvegarde de l’intégrité du territoire, cela a été bien apprécié par l’opinion nationale, surtout après le coup que l’armée avait à aux bandits dans leur dernier retranchement. Mais voilà que le chef de file de l’opposition a encore réagi en signifiant que cette prise de décision a été cavalière, caractérisée par l’exclusion des partis politiques et des forces vives de la nation, et que l’option militaire ne saurait être la solution à la crise.
Non seulement par des arguments de ce genre, les béliers se montrent en déphasage avec l’opinion nationale qui avait largement apprécié la solution militaire pour mater d’abord et ensuite négocier, mais ils apparaissaient en porte à faux avec les tisserands du RPM qui n’ont jamais prôné une négociation a fortiori une renégociation.
En effet, contrairement aux béliers blancs, le RPM, depuis le départ, a toujours prôné la fermeté envers les bandits armés, et même lorsque cette option a été prise, nombreux sont les griots qui ont chanté les louanges de ce parti pour sa clairvoyance. Et dire que c’est le PARENA qui se prononce contre l’option militaire face à de vulgaires pleutres, qui n’ont que faire de l’honneur, il y a de quoi s’interroger sur ce qui peut être derrière tout ça.
Et quand ce même parti exige l’implication des partis politiques dans la gestion de la crise, l’on se pose la question : de quelle manière ?
Après la signature des accords d’Alger, un huis-clos a eu lieu entre le général Kafougouna Koné et les députés à l’Assemblée Nationale ; le même FDR a organisé un atelier sur la crise du nord au Centre International de Conférences de Bamako (CICB), dont les conclusions ont été envoyées au gouvernement ; un forum sous-régional des chefs d’Etats est prévu à Bamako, sur le thème : paix sécurité et développement dans la bande sahélo-saharienne, sans que rien, diantre, ne soit jusque-là fait.


