Le carrefour des opportunités d’affaires
jeudi 12 juin 2008 par Issa Fakaba SISSOKO
Parmi les exposants, l’ONG AMEN (Agence au Mali pour l’environnement) qui agit dans le cadre de la vulgarisation des résultats du « Programme Bagani », et qui participe à la quinzaine depuis trois ans.
Pour son représentant M. Ibrahim Coulibaly, il s’agit véritablement d’une opportunité por sensibiliser les populations, notamment les paysans, à l’utilisation de la fumure organique en lieu et place des engrais chimiques, qui causent l’appauvrissement des sols et une baisse considérable de la production et de la productivité agricoles. De l’avis de M. Coulibaly, le « Programme Bagani » se veut un projet d’éducation environnementale autour des problématiques liées à la gestion des ressources en eau du fleuve Niger.
Bref, à travers ce programme, il s’agit de susciter la participation des communautés riveraines du fleuve à cette gestion.
Il a pour objectif majeur de contribuer au contrôle de la prolifération des plantes aquatiques envahissantes sur le fleuve Niger tout en améliorant les conditions d’existence des communautés riveraines du programme. « L’ONG AMEN utilise donc la problématique de la prolifération des plantes aquatiques sur le Niger (en particulier la jacinthe d’eau et salvinia molesta) comme prétexte pédagogique d’éducation environnementale et de changement socio-économique, porteur de projets de développement durable pour les communautés partenaires », a expliqué le représentant de l’ONG AMEN. Qui ajoute que grâce à une approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE), le programme réussit à toucher tous les aspects du développement local (éducation, santé, gouvernance, etc.), et à assurer une durabilité aux acquis des communautés impliquées. A en croire M. Ibrahim Coulibaly, ledit programme couvre 15 localités, dont 13 pour la seule commune de Baguinéda, (zone rizicole par excellence), plus de 3 localités sur les rives droite et gauche du fleuve Niger, dans la zone industrielle du District de Bamako vers le côté droit.
Pour le représentant de l’ONG, la mise en œuvre de cette initiative de valorisation de la fumure organique a contribué à l’amélioration de la qualité de la production et de la conservation des terres cultivables dans les zones d’intervention.
A l’instar de l’ONG AMEN, les actions de l’ONG GRIDAC s’inscrivent dans la même dynamique. Présente à cette 9ème édition de la « Quinzaine de l’environnement » grâce au partenariat fructueux avec le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), elle travaille également sur le Projet d’appui à la restauration des terres dans le cercles de Kita et à la conservation de la diversité biologique dans les réserves biosphères du Bafing et du Baoulé. Pour la présidente de l’ONG, Mme Théra Fatoumata Cissé, il s’agit, à travers le présent projet, d’assurer le développement d’une agriculture durable et une meilleure valorisation des ressources naturelles. Ce, à travers la formation et la sensibilisation des paysans de la localité à l’utilisation et aux techniques de fabrication de la fumure organique, notamment à partir du Bagani et autres débris de végétaux. A cela s’ajoute également la formation desdits paysans en technique de lutte contre l’érosion, notamment à travers les lignes en cailloux, pour une meilleure protection des terres cultivables et de sauvegarde des récoltes. Aux dires de la responsable de l’ONG GRIDAC, l’un des volets non moins importants de cet important projet, débuté en décembre dernier, concernera aussi la protection de la faune.
Pour cela, a expliqué notre interlocutrice, la sensibilisation à une meilleure organisation de la chasse, et la nécessité de la protection de certaines espèces animales seront au centre des stratégies. Dans le cadre du même projet, a poursuivi Mme Théra, un accent particulier est mis sur la transformation et la promotion de la consommation de nos produits locaux. Il s’agit notamment du tamarin, du néré, etc, dont les matières transformées ont séduit les visiteurs des stands de cette 9ème édition de la quinzaine. C’est dans le cadre justement de la valorisation de ces matières premières de chez nous, que l’ONG a eu à former plusieurs femmes des localités de Sagabary et de Badinko (dans la zone de Kita) en technique de transformation. « Par cette initiative, nous protégeons notre environnement, assurons la promotion des produits locaux et initions des activités génératrices de revenus pour les femmes bénéficiaires des actions du projet » a expliqué la présidente de l’ONG GRIDAC qui souhaite plus d’affluence des visiteurs.
L’Association des femmes ingénieurs du Mali, AFIMA, oeuvrant dans le cadre de la lutte contre la sécheresse et la désertification, est également une des vedettes de la présente exposition. Pour l’une des animatrices, Mme Diallo Fatoumata Sissako, la participation à cette 9ème édition de la « Quinzaine de l’environnement » concerne l’exposition des cuiseurs solaires, travaillant à partir de l’énergie du soleil. Il s’agit, à travers ces produits qui contribuent fortement à réduire la consommation de bois, des gaz à effet de serre, de faire la promotion de l’utilisation des équipements de cuisines améliorés pour préserver les forêts de façon durable. « Avec les cuiseurs solaires, on n’a point besoin du gaz, du charbon de bois encore moins du feu pour faire de la cuisine.
Tout se fait, grâce à la conception de l’instrument, à partir de l’énergie du soleil » nous a expliqué Mme Diallo. Qui estime que la sensibilisation des populations vers ce nouveau procédé constitue un pas essentiel pour la réduction de la coupe abusive du bois et de l’utilisation des gaz.
En somme, cette 9ème édition de la « Quinzaine de l’environnement » constitue aussi une véritablement opportunité d’affaires pour les exposants non seulement en terme de promotion et de vente de leurs produits, mais aussi et surtout en matière d’échange d’expériences et de contacts en vue d’un partenariat fructueux.


