Le colonel Togola, face à l’ardoise de son prédécesseur
mercredi 16 avril 2008 par Jean Pierre James
La Douane malienne, n’a jamais été confiée à un homme, aussi controversé que le Colonel Cheik Keita : pendant 5 ans, les recettes ont chuté. Vertigineusement ! Les déficits n’ont pas été comptabilisés en centaines de millions. Mais, en milliards de nos francs.
Aussi, la Douane malienne n’avait pas, seulement perdu de sa superbe. Elle a été vidée de son âme, vendue au diable. Et jusqu’à la date de la relève du Colonel Cheick Keita, en février 2008, la Direction Générale des Douanes du Mali, selon des sources proches, n’avait pas réussi à atteindre le niveau des recettes de 2006 : 195 milliards. A fortiori de réaliser des excédents. Comme annoncé par le colonel Cheick lui-même dans les colonnes de certains confrères. Pire, à en croire les mêmes sources les recouvrements aux forceps qu’il avait entamé pour combler le trou, avaient déjà englouti près de trois mois de recettes de l’année 2008.
L’homme est parti en ne laissant derrière lui que ruine et désolation. Et pour cause : jamais, le niveau des « anticipations », c’est-à-dire la perception des droits, et taxes sur des marchandises, qui n’ont pas encore franchi le cordon douanier n’a dépassé 5 milliards de francs CFA. Mais jusqu’à la date de l’éjection du Colonel Cheick Keita, ces « anticipations », étaient estimées à 20 milliards de FCFA, selon nos sources. En clair, indique nos interlocuteurs : « 20 milliards de FCFA ont, d’ores et déjà, été perçues sur les recettes de 2008 ». Histoire de combler les déficits, accusés par les recettes de 2008. Mais, cette démarche n’a pu éviter la descente aux enfers des recettes douanières : 217 milliards de FCFA sur 265 milliards de FCFA sur les recettes prévisionnelles. Pire, même les hydrocarbures, qui ont été, jusque là épargnées par les « anticipations » ont coulé. Comme le fleuve Djoliba dans son lit. Bref, l’équipe du Colonel Cheick Keita a échoué. Le revers a été cinglant. Et le flop magistral. Pendant qu’au pays des hommes intègres, le Burkina Faso et en Côte-d’Ivoire, les services des Douanes réalisent 600 milliards de FCFA, voire 800 milliards de FCFA par an.
Et leurs collègues du Mali, se bombaient la poitrine avec des miettes. Et avec à la clé des trophées de mérite et de récompenses décernés par des structures fantômes, au moment où la Douane Malienne est au Mal. Jugez-en vous-mêmes. Malgré tout, l’ancien DG des Douanes du Mali, jusqu’à son départ continuait de faire fière allure. A l’analyse de plusieurs témoignages, l’on comprend, dès lors, les raisons qui ont fait que l’homme a été maintenu pendant des années à la tête des Douanes du Mali. En dépit du fiasco retentissant qu’il a essuyé durant, ses cinq dernières années, à la tête des Douanes du Mali. Au moment où, le Chef de l’Etat et son Premier Ministre prônent la « culture du résultat », certains hauts cadres de l’Etat se réjouissent de leur échec. Et, comble de l’ironie de leurs relations en haut lieu. Sur la question, cette maxime de Sacha Guitry en dit long : « Si un homme sur mille est un meneur d’homme, les 999 autres sont des suiveurs de femmes ». D’ailleurs, le discours de son successeur et même celui du ministre lors du dernier conseil de direction en disent longs sur la scabreuse gestion de l’homme.
Du dysfonctionnement des services des Douanes, à l’incompétence des cadres parachutés à certains postes de responsabilité, la magouille à la pelle et la démobilisation des Agents. La liste est longue. Très longue. Au finish, même les agents talentueux, tous grades confondus ont fini par baisser les bras. Parce que lors des nominations opérés par l’ancien DG, le gabelou au mini talent a pris la place du gabelou maxi talent. Et vice-versa. Le mécontentement était devenu général à la Douane et la chute vertigineuse des recettes douanières devenue un principe. Voilà tout le sens à donner aux déficits annuels enregistrés par la Douane pendant ces cinq dernières années. Comme on le voit donc, le nouveau DG des Douanes du Mali, a du pain sur la planche : 290 milliards Cfa de recettes prévisionnelles à recouvrer au titre de l’année 2008. Pour dire qu’il réalisera des excédents et rétribuera à la Douane, son lustre d’antan, il a, à l’ouverture de ce Conseil de Direction des Douanes déclaré : « les recettes douanières se suivent mais ne se ressemblent pas ». Et le ministre des Finances, Abou Bakar Traoré, de signaler que les seules exonérations ne sont guère des alibis crédibles pour justifier les effarants déficits enregistrés au niveau des recettes douanières, pendant ces cinq dernières années.
En attendant, il est fort probable que des responsables de l’époque s’expliquent devant qui de droit.
Jean Pierre James
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