Le football dans l’âme
mercredi 25 juin 2008 par Salimata Fofana
Nous avons découvert en Ba Bintou, une femme décontractée, qui semble allier courage et abnégation, et hantée par le seul souci de servir le football, une discipline qu’elle a découverte depuis l’âge de 6 ans, en 1951. En effet, c’est au début des années 50 qu’elle a commencé à supporter le Racing Club de Bamako qui va fusionner plus tard, en 1960, avec Gallieni pour donner l’AS Réal de Bamako.
Particulièrement, elle était fan du joueur Issa Keita, frère de feu Modibo Keita, premier président de la République du Mali. Au fil des ans, sa passion pour le football grandissait et en 1958, elle faisait partie des plus grands supporteurs de l’équipe nationale de football du Mali. Dans les années 1960, elle comptait parmi les nombreux fans de Salif Keita « Domingo ».
C’est à partir de 1965 qu’elle a volontairement commencé à laver et à blanchir les maillots de l’équipe nationale du Mali. « Depuis toute petite, j’ai aimé le football. Mais, ce n’est qu’en 1958, que j’ai commencé à supporter réellement l’équipe nationale. En 1960, j’étais très fan de Salif Keita Domingo. Si je ne le voyais pas jouer, je n’étais pas à l’aise.
Entre 1965 et 1966, j’ai commencé à laver les maillots de l’équipe nationale. Vers1988-1989, j’ai commencé à amener de l’eau au terrain lors des matchs et des entraînements. J’ai été à nouveau recommandée pour laver les maillots des joueurs par Nani Touré, le père de Binké et de Bassala Touré, entraîneur de l’équipe nationale à l’époque. Depuis, après chaque match, je lave et je blanchie les maillots des joueurs », nous confie-t-elle. Ba Bintou ne rate pratiquement jamais un match de l’équipe nationale à domicile. Il lui est même arrivé d’accompagner régulièrement les Aigles partout où ils vont.
Victoire ou échec, Ba Bintou n’a jamais baissé les bras pour supporter les Aigles, même sur son lit de malade. Si les Aigles sont battus, elle leur apporte ses conseils et les accompagne de bénédictions pour leurs sorties suivantes. Marquée par le poids de l’âge, elle a cédé la place à la jeune génération. Mais, elle est embauchée au niveau de la fédération malienne de football, uniquement pour servir de l’eau aux joueurs des sélections nationales lors des entraînements et même des matchs. Ba Bintou apprécie beaucoup les joueurs de la nouvelle génération, comme elle a aimé les anciens de Yaoundé 1972. Mais, elle pense que les temps ont changé, et que chaque temps à ses réalités.
Parlant des difficultés qu’elle a rencontrées dans sa longue “carrière’’, elle raconte : « Il y a eu des moments durs, mais quand on a l’amour de quelque chose, on ne considère pas les difficultés. Aujourd’hui tout va. Je m’entends très bien avec tout le monde, la fédération et les joueurs. Ils m’ont tout donné, d’abord le respect, parce que même si tu gagnes de l’or, si tu n’es pas respecté, ce n’est pas intéressant. J’ai eu beaucoup de choses auprès de ces gens d’eux. On m’a envoyé à la Mecque. J’ai eu un terrain et ils m’ont aidé à le construire. Je prie Dieu pour que le football malien aille de l’avant »
Elle demande aux dirigeants d’encourager davantage les joueurs, de les soutenir dans toutes les épreuves pour que le football malien aille toujours plus loin ; et aux joueurs de rester humbles, courageux, solidaires, de jouer avec l’esprit patriotique et de ne jamais s’adonner au chantage et à la méchanceté. Ba Bintou voudrait tout arrêter aujourd’hui, mais ses enfants (les joueurs), la retiennent. Elle ne manque jamais d’occasion pour bénir le football malien et donner des conseils précieux aux joueurs.
Cette brave femme mérite une attention toute particulière.


