Le gouvernement face à un nouveau scandale des exonérations
lundi 12 mai 2008 par Abdoulaye Diakité
Pourtant, les organisations de consommateurs et les syndicats ont régulièrement tiré sur la sonnette d’alarme par rapport au risque de la mauvaise utilisation des exonérations de taxes sur l’importation de denrées de première nécessité. Leur crainte était motivée par l’expérience des pays qui ont vu les efforts du gouvernement pour juguler la flambée des prix tomber à l’eau puisque les prix ont continué à prendre l’ascenseur.
Cette année, on a pensé un moment trouver la parade avec les menaces et surtout la mise en place de nombreuses mesures d’accompagnement de la décision de l’octroi des exonérations.
C’était très mal connaître les opérateurs économiques maliens et leurs complices tapis dans l’administration financière qui, convaincus qu’ils peuvent prendre à défaut la vigilance des populations, ont simplement décidé de détourner les produits importés sur d’autres marchés de la sous-région, notamment au Sénégal où ils réalisent des bénéfices faramineux. Ainsi, nombre de nos compatriotes ont ainsi importé depuis plusieurs semaines de chez nos voisins des sacs de riz avec l’inscription « Vente au Mali ». Donc, le marché national ne sera jamais fourni à hauteur de souhait, histoire de maintenir les prix toujours hauts. Et au même moment, ils font une marge bénéficiaire très importante en exportant des produits pour lesquels ils n’ont presque rien payé.
Ce trafic serait connu des autorités compétentes. D’ailleurs, un responsable de la Direction nationale du commerce et de la concurrence, sous le couvert de l’anonymat, a confirmé que les personnes qui s’adonnent à cette pratique, sont connues de tout le monde. Il a rajouté que le gaz qui est aussi subventionné par l’Etat, est écoulé sur le marché sénégalais depuis plusieurs années. « Les difficultés financières de l’Agence malienne de l’énergie renouvelable sont dues à ce commerce illicite. Comme on ne sanctionne jamais, certains opérateurs économiques continuent de s’enrichir au détriment de l’Etat, du moins des pauvres.
C’est ça la réalité », regrette-t-il.
Pour une fois, le gouvernement, à travers les ministres des Finances, de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, doit agir et agir vite pour éventrer ce complot contre notre pays qui fait tant d’efforts pour éviter la crise alimentaire. Malheureusement, il est peu probable qu’il le fasse.


