Le jeune magistrat Malick Coulibaly a-t-il réellement démissionné ?
mercredi 8 octobre 2008 par Abdoul Karim Maïga
Depuis la semaine dernière, la presse nationale et étrangère se sont fait l’écho d’une supposée démission d’un jeune magistrat, le substitut du procureur de Kati, Malick Coulibaly, comme s’il y avait péril en la demeure, alors qu’il n’en est rien.
Est-ce par soif de médiatisation que notre a sonné toutes les cloches de la ville pour annoncer sa démission ?
Ou est-ce qu’il a dit toute la vérité aux journalistes ?
Qui, chacun en ce qui le concerne, se targuait d’avoir la primeur d’une information cousue de non-dits. Malheureusement, au cours de sa sortie médiatique, M. Coulibaly a délibérément foulé au pied l’une des vertus cardinales de la justice : la vérité.
C’est naturellement ce qui a été son talon d’Achille quand il a refusé d’expliquer à dessein à l’opinion nationale et internationale (qui prête d’ailleurs une oreille attentive à ce simulacre de démission) qu’il n’a démissionné que de ses fonctions de substitut du procureur et non celles de magistrat, induisant du coup les paisibles citoyens dans une appréciation approximative de la situation. Par ce geste, nous disons que le juge Coulibaly est allé trop vite en besogne dans son aspiration à se tailler une certaine célébrité par voie de presse. Ces agissements, au lieu d’être héroïques, ne contribuent-ils pas plutôt à l’extraire du rang des justes.
En effet, tout a commencé quand, selon Malick Coulibaly, une décision a été dictée par son chef hiérarchique contre son intime conviction dans une affaire portant sur un taurillon de race métis de 7 mois (et non d’un cadre comme il l’avait toujours indiqué).
Si comme il l’a laissé entendre, cette prétendue démission s’inscrivait dans un souci d’assainir la justice malienne, il reste entendu aussi que son amour pour ce Mali laisse à désirer quand il a pris délibérément la décision de se prononcer sur cette affaire sur les antennes d’une station « qui n’a que faire de la quiétude des populations dans notre pays ». En décidant ainsi, il aurait peut être oublié que « le linge sale se lave en famille ».
Ce, même s’il pense devoir se donner raison dans un dossier de justice qui n’avait point besoin d’être divulgué.
Abdoul Karim Maïga
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