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Le lait qui devient piment dans la bouche des travailleurs

« EUROLAIT »

vendredi 17 octobre 2008 par Markatié Daou

Chose qui tire son origine de l’hospitalité légendaire du peuple malien et de la souplesse du code des investissements. Malheureusement, l’embellie est en train de se transformer en cauchemar pour le pays et ses fils. C’est le moins qu’on puisse dire au regard des pratiques peu orthodoxes en cours dans une usine étrangère « Eurolait », implantée dans notre pays depuis quelques années.

Implantée dans notre pays il y a seulement trois ans, Eurolait, une usine de production de lait frais de marque Candia, de lait caillé estampillé Yoplait, de yaourt, de vanille… fait parler d’elle. En trente-six mois d’existence, l’usine, dont les produits sont généralement décriés par de nombreux consommateurs, aurait déjà battu tous les records dans des pratiques qui frisent avec l’esclavagisme.

Absence de contrat de travail, d’assurance maladie, abus de pouvoir, licenciements abusifs… Bref, à « Eurolait », c’est bien l’exploitation de l’homme par l’homme.

De sources concordantes, malheur au travailleur qui a le toupet de lever le petit doigt pour réclamer la moindre amélioration de ses conditions de travail.

Les responsables de cette usine, selon les mêmes sources, agissent en véritables négriers en toute impunité. Leur seul prétexte est qu’ils offrent des emplois à des jeunes Maliens. Un argument qui ne cesse d’alimenter la colère dans les rangs des travailleurs dont le plus gros salaire dépasse à peine le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) malien, qui est de 28 460 F CFA. Plus grave, la plupart des travailleurs engagés par cette usine ne le sont que de nom. Car aucun contrat ne les lie à l’usine. Appâtés par une promesse d’embauche, les jeunes qui se bousculent aux portillons de l’usine ignorent l’enfer qui les attend à l’intérieur. Une fois engagés, ils sont obligés de travailler comme des forçats pour espérer avoir 15 000 F CFA/mois.

L’on comprend pourquoi ils travaillent 10 heures de plus qu’officiellement. Leur journée commence à 6 h du matin et ne prend fin qu’à 19 h, 20 h, voire 21 h, soit environ plus de 18 heures de travail par jour. Les 10 autres heures supplémentaires ne sont jamais payées aux employés. Les plus teigneux travailleurs qui réclament leurs droits sont, sans autre forme de procès, mis à la porte. Malgré ces traitements à la coloniale, les travailleurs sont tenus au remboursement du centime ou de la goutte de lait qui manquerait à l’heure du compte en fin de journée. A en croire nos sources, « un chef commercial omnipotent et impitoyable » avec un système huilé qui frise l’arnaque, se réserve le droit de percevoir des montants faramineux sur le maigre salaire des travailleurs sous prétexte que ces derniers ont fait des « manquant ». Pire, il n’hésiterait, apprend-on des mêmes sources, pas de payer un salarié avec des faux billets sous les mêmes prétextes que ce sont les billets apportés par ces mêmes travailleurs.

Le hic, c’est que malgré les plaintes croissantes des travailleurs sur cette usine où le népotisme et l’esclavagisme s’érigent en mode de gestion, aucune structure étatique, mise au parfum, n’a daigné appeler les contrevenants pour faire respecter les textes. Sont-elles de mèche avec Eurolait ?

Affaire à suivre


 

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