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Le ministre Sadio Gassama est-il à la hauteur de sa mission ?

PRECARITE NOTOIRE DANS NOS SERVICES DE SECURITE

vendredi 11 juillet 2008 par Abdoulaye Diakité

Partout sur son passage, on lui dira qu’il y a manque de véhicules et d’ordinateurs, cela au moment où ces services de sécurité ont besoin du maximum de moyens pour faire face à l’insécurité qui règne dans la cité. Les autorités de tutelle sont-elles alors à la hauteur de leur mission ?

On ne se rend pas compte de la précarité révoltante dans laquelle végètent nos services de sécurité, tant qu’on ne fait pas un tour dans leurs bureaux. Des services de renommée nationale, qui, vu leurs prouesses sur le terrain, ne peuvent être imaginés par le citoyen dans une telle misère. C’est donc à juste raison que l’Honorable Mme Touré Safiatou Traoré, députée élue en Commune III du district de Bamako, dans sa politique de rapprochement de sa base électorale, s’est fait le devoir d’entreprendre des visites de courtoisie à l’endroit des services de sécurité situés dans sa circonscription électorale.

Le but de cette tournée, bien appréciée par les services, est de s’enquérir des conditions de travail de ces hommes qui ont pour rôle la sécurité des personnes et de leurs biens dans le District de Bamako, voire au-delà. C’est dans ce cadre que la Brigade territoriale et le Commissariat du 1er arrondissement, ont tour à tour reçu la visite de l’élue de la Commune III du District de Bamako, Mme Touré Safiatou Traoré. C’est le 15 Mai dernier que la brigade territoriale a été visitée Mme la députée. Elle a été accueillie à sa descente par le chef des lieux, le commandant, Al Aber Yoro Maïga. Après des salutations d’usage les hôtes ont donc conduit la visiteuse de marque dans les différents bureaux du service.

C’est ainsi que Mme la députée a pu voir de ses yeux les problèmes dans lesquels se battent ces agents pour répondre aux différentes sollicitations qui leur sont adressées. Ici comme partout ailleurs, on souffre du manque de véhicules, d’ordinateurs et de parfois de simples commodités. Pourtant il relève des explications des maîtres des lieux que les autorités (le ministère de tutelle) ont été mises au courant, mais leur réaction se fait toujours attendre. Au Commissariat du 1er Arrondissement où elle s’est rendue le 28 Mai, le décor est similaire à la brigade territoriale. Ici, à peine les flics possèdent des moyens de défense pour aller aux fronts sécuritaires. Des véhicules en panne, des casques et bâtons insuffisants, et des locaux où l’hivernage est un calvaire.

Quand ceux sont chargés de sécuriser les populations et traquer les bandits de grand chemin, ne sont même pas en sécurité ! Pourtant, le ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile, le général Sadio Gassama voit tout et sait tout, mais ne dit rien et ne fait rien. Après la visite de Mme la députée dans ces deux services, cette dernière aurait rencontré le ministre en personne pour lui faire part de l’urgence qu’il y a à mettre ses services de sécurité dans les conditions de travail les meilleures, mais apparemment le cri de cœur de l’Honorable est tombé dans une oreille de sourd.

Les agents du Camp I sont à féliciter

Poussée par le devoir d’être à l’écoute de ses population, l’Honorable députée de la Commune III était encore sur le terrain le jeudi dernier, cette fois-ci au Camp I. Là, elle a pu visiter deux services : la Brigade de recherches et le service d’investigations judiciaires. C’est par la Brigade de recherches que la visite a commencé aux environs de 10 heures. Dans sa cour, le visiteur était frappé par des une foule massée çà et là, chacun venu résoudre son problème. C’est dans cette atmosphère que Mme Touré Safiatou Traoré a été accueillie par le major Oumar Dicko et Mamoud Ali Cissé, adjoint du commandant de la Compagnie de Bamako. Après les salutations d’usage, Mme la députée a été amenée à visiter les différents bureaux du service. Ici les problèmes ont encore les mêmes noms : manque d’ordinateurs et de véhicules. Pour tout le service, il n’y a qu’un seul ordinateur, qui a été offert par la coopération française.

Tous les autres ordinateurs qu’on y voit sont privés. Mais le major Dicko a ému ses hôtes en révélant que pour cette brigade, il n’y a même pas de véhicule de service. Toutes les missions sont effectuées avec des véhicules privés, pour une brigade qui doit envoyer les personnes soupçonnées devant les six procureurs de Bamako et Kati. Le personnel qui y travaille est qualifié et manifeste du sérieux dans le travail, mais reste pénalisé par le manque de matériel. Au niveau de la cellule de garde à vue, les conditions sont admissibles pour tout défenseur des droits de l’homme, avec des nattes comme couchettes. Elle peut contenir 6 à 8 personnes, et les visiteurs du jour n’ont trouvé qu’un seul malfrat gardé à vue. Dans le bureau du major, qui a comme gardes du corps de belles dames, M. Dicko a expliqué les différentes missions de sa brigade qui sont la saisine directe ; la saisine indirecte ; la délégation judiciaire par le procureur et la saisine d’office.

Après ce service, le cap a été mis sur le service d’investigations judiciaires, où la délégation a été accueillie par le lieutenant Abdrahamane Ouattara, lequel l’a conduite dans le bureau de son chef, le lieutenant-colonel Seydou Doumbia qui était absent. Dans ce bureau, M. Ouattara a expliqué que son service contient 4 divisions : lutte contre les stupéfiants ; police judiciaire et administrative ; police scientifique et technique ; et photo-reprographie.

Cette dernière division n’est pas encore fonctionnelle, a précisé le lieutenant Ouattara.

S’en est suivie la visite des bureaux.

Ici, les problèmes sont les mêmes qu’à la Brigade de recherches. Pas d’ordinateurs, le parc auto insuffisant et vétuste. L’élue de la Commune III a laissé entendre qu’elle est impressionnée par le courage des travailleurs dans les deux services qui réalisent pourtant des prouesses dans de telles conditions. Le GMS dans le pire

Après la Brigade territoriale, le commissariat du 1er Arrondissement, le Camp I, la députée de la Commune III, et présidente de la commission Santé et développement social de l’Assemblée Nationale, Mme Touré Safiatou Traoré, dans sa politique d’ouverture envers les populations et les services relevant de sa circonscription électorale, était encore le mardi dernier dans les locaux du Groupement Mobile de Sécurité (GMS) à Tomikorobougou. C’est aux environs de 9 h 30mn que la visiteuse de marque est arrivée dans la vaste cour.

Chaleureusement accueillie, elle sera conduite dans le bureau du commandant en chef Moussa Camara pour la séance de briefing.

Des explications de ce dernier, il ressort que le GMS n’a présentement aucune existence légale, car le décret 97-438/RPM du 31 Décembre 1997 qui l’avait créé a été abrogé par le décret n°470/RPM du 20/10/2004 fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de la Direction Générale de la Police Nationale. Le GMS, selon son patron, comprend six compagnies de maintien de l’ordre, une Compagnie de Circulation Routière (CCR) et plusieurs autres services. Il comprend 1.836 éléments et s’occupe du maintien ou du rétablissement de l’ordre ; la garde statique de certains sites et ambassades ; la sécurisation des itinéraires et escortes des personnalités nationales et étrangères et la fluidité de la circulation dans le District.

Pour l’accomplissement de cette vaste mission, le GMS fait face à des tas de difficultés : insuffisance d’équipement où pour 1.400 éléments, il n’y a que 320 casques ; 150 bâtons de défense ; 70 talkies walkies pour 70 carrefours à couvrir ; 80 batteries pour les 70 Talkies walkies ; 2 camions et 2 cars, mais tous en panne ; 3 véhicules pour le transport des troupes ; 4 grues dont 2 en mauvais état ; du carburant nettement insuffisant eu égard à une dotation trimestrielle de 6.500 litres d’essence pour une consommation minimum de 120 litres/jour.

A cela s’ajoute l’absence de logement d’astreinte pour le personnel de commandement et d’encadrement des différentes compagnies ; le non casernement des éléments de maintien de l’ordre ; l’anachronisme de certains textes notamment l’arrêté interministériel n° 712/MICT-MEF-MEATEU-MATCL-SG du 17 Avril 2002 déterminant les modalités pratiques de l’implantation et du fonctionnement des postes de contrôle, des carrefours de circulation et des carrefours de fluidité dans les périmètres urbains et l’arrêté n° 012/HCDB-CAD du 10 juin 2002 portant création et implantation des postes de contrôle, des carrefours de circulation et des carrefours de fluidité dans le périmètre urbain du District de Bamako.

L’incivisme des usagers et le laxisme, voire la complaisance de certains agents ont été aussi soulignés par le commandant en chef, Moussa Camara.

Comme doléances, les flics demandent une aide pour l’équipement ; la réfection de l’artère principale de la cour ; l’aménagement de la fourrière ; la construction de toilettes (hommes et femmes) ; l’aménagement de la place d’armes ; l’achèvement des terrains de football, volley-ball et hand-ball ; la réalisation de la clôture du GMS côté nord-ouest et d’un parking pour les engins des agents. Une visite des locaux a permis à l’hôte du jour de se convaincre des difficultés énumérées sur papier et comme partout ailleurs, Mme la députée a promis d’agir et vite. Au vu de toute cette misère qui caractérise nos services de sécurité, il y a lieu de se poser la question de savoir si le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile est vraiment à la hauteur de sa mission, car il est loin d’ignorer tous ces problèmes, lui, qui d’ailleurs ne fait que promettre depuis son arrivée à la tête du département en 2004. Partout où la délégation de Mme la députée est passée, il lui a été signifié que toutes ces insuffisances ont été portées à la connaissance de Monsieur le Ministre, sans résultat.

Aussi, l’organisation d’une journée portes ouvertes des services de sécurité est une urgence, pour que les populations se rendent compte des difficultés et de l’insécurité dans lesquelles travaillent ceux doivent assurer notre sécurité.


 

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