Le ministre de l’environnement va en guerre contre les maires indélicats
jeudi 23 octobre 2008 par Issa Fakaba SISSOKO
La salle de conférence du Musée national a abrité vendredi dernier la rencontre d’échanges autour du projet parc urbain de Bamako, entre les journalistes, les ministres de la culture et de l’environnement et le Représentant résidant du Réseau Aga Khan au Mali.
Le projet parc urbain, dont le lancement officiel des travaux a eu lieu le 25 avril dernier par le prince Aga Khan et le président de la République Amadou Toumani Touré, se veut la concrétisation d’une volonté du gouvernement de notre pays de créer dans la partie nord de Bamako, en réunissant en une seule entité le parc biologique (comprenant le parc botanique et le zoo) et le Musée national, un espace d’éducation et de loisirs, associant la culture et la nature. D’où cet avis du ministre de l’environnement, M. Agathan Ag Allassane, qu’il s’agit d’un projet unique en Afrique de l’Ouest et qui consacre le mariage entre les patrimoines culturel et naturel. Abondant dans la même dynamique, son homologue de la Culture, M. Mohamed El Moctar, fera savoir que la concrétisation du projet parc urbain de Bamako contribuera à donner non seulement un coup d’accélérateur à l’essor culturel de notre pays à travers la création d’espaces appropriés, mais aussi économique grâce à la valeur ajoutée et aux nombreux emplois qui seront créés à l’occasion.
Bref, à travers le présent projet, il s’agit de protéger l’écosystème, et de rendre le parc accessible à la population locale et aux touristes. D’un coût global de plus de 7 milliards sur financement du Réseau Aga Khan, et bâti sur une superficie de 103 hectares, le projet parc urbain devra se dérouler en trois principales phases pour une durée d’exécution de 5 ans. A en croire M. Ferid Nandjee, Représentant résident du Réseau Aga Khan au Mali, la fin des travaux de la première phase du projet est prévue le 22 septembre 2010. Une date qui coïncide avec la célébration du cinquantenaire de l’accession de notre pays à la souveraineté.
Pour les ministres de la culture et de l’environnement, ceci explique toute la symbolique de l’initiative du projet parc urbain.
D’où l’implication personnelle du chef de l’Etat qui a décidé de donner avec son partenaire le prince Aga Khan le coup d’envoi officiel des travaux en avril dernier. « Compte tenu des délais très courts impartis pour la réalisation du projet et en attendant l’élaboration du projet détaillé, un certain nombre de travaux démarreront dans les prochains jours. Dans cette perspective une équipe technique du réseau Aga Khan s’est déjà installée au Mali » a précisé M. Nandjee. Les travaux prévoient le dégagement complet de la clôture existante, le nettoyage complet du parc botanique (évacuant des épaves, pneus et plantes parasites, etc.), la réalisation d’un bassin de rétention et de forages, la construction d’un atelier pour la taille de la pierre, l’implantation d’une zone pour la pépinière et les plantes médicinales, etc. Pour le ministre de l’environnement, il s’agit d’un projet qui vise à sauvegarder un poumon vert de la capitale et qui représente un double avantage.
Celui du mariage avec le Musée national, et l’avantage pédagogique que revêt le parc à cause de son caractère de lieu d’attraction, de conversation de la faune sauvage, etc.
Le ministre de l’Environnement et de l’assainissement a abordé la question des espaces et des dépôts de transit d’ordures dans le District de Bamako. Pour le chef du département, qui en veut à mort à certains maires pour leur attitude sans scrupule en matière de vente d’espaces publics, « il est grand temps de cultiver chez nos élus un comportement de bonne conduite ». « Nous avons malheureusement des maires qui ne peuvent voir un espace vide sans le mettre en vente à usage d’habitation. Ceci est extrêmement grave et nous handicape fortement dans notre lutte de mise en œuvre de la politique d’embellissement de la ville et d’amélioration du cadre de vie des populations », a martelé le ministre Agathan Ag Allassane.
Qui annonce d’ores et déjà une guerre ouverte contre les maires qui se seront rendus coupables de vente illicites d’espaces verts et autres lieux publics.
« Dans les jours à venir, j’ordonnerai le recensement de tous les sites susceptibles d’être des espaces verts. Et mon Département veillera à les mettre à l’abri de vente à usage d’habitation » a lancé le ministre de l’environnement qui a regretté que même les dépôts de transit d’ordures soient transformés par les maires en parcelles d’habitation.


