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Le musicien esseulé

Amadou Tounkara

dimanche 13 avril 2008 par Salimata Fofana

Il est doué d’un talent très impressionnant. Cependant, à 50 ans, il n’a pas eu encore la chance de produire une cassette. Nous l’avons rencontré lors du festival de l’eau à Manantali, tenu du 3 au 5 avril dernier.

Originaire de Mahina, Amadou Tounkara est un musicien confirmé. Il a le don de l’art. Il est parmi les artistes qui maîtrise mieux la musique mais qui n’ont pas eu la chance d’être célèbre.

Pour lui, la musique est liée à l’éducation : « j’ai été adopté par ma grand-mère qui m’a tout fait. Chaque fois qu’on me boudait, je me retirais pour chanter seul. Depuis cette époque, j’aimais la musique. Mon idole était un chanteur Sénégalais, Labbas Sossé.

Aussi, dans le milieu où j’ai vécu, je faisais le théâtre et je formais des jeunes dans ce sens. Ce qui m’a permis d’être le directeur d’une troupe théâtrale pendant plusieurs années » Comme beaucoup d’artistes, aujourd’hui, l’enfant de Mahina n’a pas eu la chance de sortir un opus car les moyens lui manquent.

C’est un musicien très déterminé qui veut aller jusqu’au bout de ses rêves. Mais, il n’est pas soutenu, même par ses parents qui n’aiment pas qu’il s’adonne à sa passion favorite, parce qu’il est issu d’une famille noble. « Je n’ai pas encore eu la chance de mettre une cassette sur le marché car ce n’est pas possible si on n’est pas épaulé. Il y a aussi mes parents qui ne veulent pas que je chante or j’ai la musique dans mes veines », souligne l’artiste.

Amadou Tounkara est un bourlingueur et épouse tous les courants et genres musicaux. Ses thèmes sont l’amour, l’immigration, la tristesse etc... Malgré ses 50 printemps, il pense qu’il n’est jamais trop tard pour un artiste de produire des albums car, en vieillissant, on devient une bibliothèque.

Aux dires de l’artiste, la musique malienne est très riche et chaque région est connue à travers ses mélodies. Il pense que les musiciens maliens doivent suivre leur propre culture qui est très variée. Le doyen conseille à la jeune génération ceci : « on peut épouser un rythme nouveau tout en gardant ses racines c’est-à-dire sa propre culture. »

Actuellement, il donne des cours de musique aux élèves de second cycle à Mahina.


 

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