Le poète Cheickna Ezéchiel Mallé étale la richesse de la culture Minianka
mardi 16 septembre 2008 par Ousmane Mallé
Ces poèmes à usage scolaire, faut-il le rappeler, ont été longuement préparés par l’auteur.
Ils ont charmé, bien avant leur édition, l’ex ministre de l’Education, le professeur feu Mamadou Lamine Traoré, qui fut le premier des Maliens à féliciter Cheikna Ezéchiel Mallé tout en recommandant l’usage de ces recueils comme manuels scolaires. Fort de ce soutien de haut niveau, le célèbre poète, n’a eu cesse d’œuvrer pour donner corps au projet. Du centre national de l’éducation (CNE), aux éditions Jamana, les ouvrages ont été passés au peigne fin sans réserve.
Le premier recueil à savoir « Rites et rythmes mamaara », est la mélodie pure de la tradition minianka dans son ésotérisme le plus risqué. Le lecteur y découvrira, empreints d’une saveur poétique exquise, outre les chants mystiques du komo, du nia ou wara, les fêtes et danses ancestrales mais également beaucoup d’autres mystères du pays mamaara. Dans ce recueil de 36 pages qu’il a dédié à son père feu Sonzié Mallé, l’auteur touche presqu’ à tout.
Qu’il s’agisse du « Hu » : mort en Mamaara (minianka), du « Niogo », nom donné à toute deuxième fille en milieu mamaara, également danse traditionnelle mamaara, du « Jekee » ou « Jekelee » : le balafon traditionnel, xylophone, du « Nabun » : étranger en langue mamaara ; également grande fête annuelle en milieu mamaara, du koblé : lianes goïnes, fête des jeunes filles, du Tiewe : femme en langue mamaara, du Mèguè, du Kalèguè : la tradition en langue mamaara ou du griot, rien n’a été laissé au hasard. Cheick n’oublie pas non plus le village historique de Jakuruna. Ici, il rappelle les pages sombres du règne du roi « Jakuruna Toto ». Il touche aussi du doigt, les souvenirs de son propre et lointain village « Zantona ».
Dans le second recueil, le poète ne tari pas d’inspirations. « Ma poésie est une poignée d’étincelles sur les ténèbres de l’oubli soudain jetées ». Peut-on lire sur l’une des toutes premières pages de ce manuel. Sur les pages qui suivent, l’on découvre tout une gamme de poèmes comme « Demain », « Un Ami », « La Poupée », « Rien », « Vanité », « Le Devoir », « Le Tetrodon », « L’Espoir », « Les Pas », « Nuit », « Maria Lo », « Le SIDA », « Mirage », « Conseils », « Réveil », « Le Pic » , « La Sanoise », « Fécondité », « Toi », « L’Aube », « Femmes de chez nous », « Tout », « Les Trois Ages », « Nouvel An », « Femme », « Souffles Bobo ».
En rédigeant « Rayons frais » et « Rites et rythmes Mamaara » et en valorisant, si généreusement la culture minianka, en la portant au firmament de l’éducation scolaire, le poète Cheickna Ezéchiel Mallé vient d’inscrire son nom sur les pages de l’histoire. Si la culture minianka est longtemps demeurée en reste des milieux appliqués, c’est qu’elle attendait que les valeureux fils du terroir, fassent preuve de courage et de perspicacité.
Reste à féliciter les responsables des éditions Jamana qui n’ont ménagé ni leur temps ni leurs efforts pour la réalisation de ces recueils.


