Le « sanké mon » une fête traditionnelle
samedi 31 mai 2008 par Fété Bertin Dakouo
En effet, San a été fondé par un chasseur venant de Tion (village situé à 39 km de San sur la RN6 en direction de Mopti). Ce chasseur du nom de Bakoré Traoré poursuivait une gazelle qui lui a échappé et le pauvre s’est égaré dans une brousse méconnue.
Errant dans la broussaille, le ventre creux, et tenant derrière lui son chien de chasse. Ce lui-ci lui fait découvrir un figuier (toro en bambara) d’où il se rassasie des fruits. Il dira, d’ailleurs, qu’il peut se nourrir des fruits de cet arbre pendant toute une année « san toro ». Ceux qui se sont installés autour de ce figuier ont fait baptiser leur quartier Santoro. Cet arbre est considéré comme sauveur de l’ancêtre des Sannois. C’est pourquoi, il est formellement interdit d’y couper du bois. Bien qu’il ait aujourd’hui disparu, son emplacement reste toujours vénéré et inoccupé. Le jour du sanké-mon, la troupe des danseurs traditionnels autorisés pour la circonstance font sept fois, le tour de l’emplacement du toro.
En réalité à son arrivée à cet endroit, Bakoré Traoré avait perdu tout espoir de survivre. Mais son fidèle compagnon le chien découvrit en plus un puit. Son maître s’en est servi pour étancher sa soif puis en emporta autant qu’il pouvait. Il dit que tout danger est désormais écarté : « kara tè ne la », ce qui deviendra plus tard Karantela le deuxième quartier de San. Ce puits est vénéré chaque année par un rituel dont les seuls initiés détiennent le secret, mais il est curé chaque sept ans par les descendants de Bakoré Traoré qui n’ont pas commis d’acte impur (relations sexuelles) Plu tard, son chien découvrait encore une marre débordante de poissons et lui en fait part. Emerveillé par cette découverte, il dit que cet endroit peut ravitailler en poissons pour toute une année : « san kélé » qui est aujourd’hui Sanké le nom de la mare. C’est donc ces trois découvertes qui ont tour à tour sauvé l’ancêtre des Sannois et sont à l’origine de l’agglomération des cette cité.
Les villages sœurs de San sont Térékoungo et Parana qui lui sont limitrophes. La population aujourd’hui majoritairement musulmane, a presque cédée les parties mythiques du sanké-mon à ces deux villages. Par ailleurs, ce n’est pas pour une quelconque gourmandise que l’événement est perpétuel et respecté de tous les fils de San où qu’ils soient. Bien au contraire, c’est parce qu’ils sont conscients de l’enjeu du sanké-mon. Il s’agit de rituels de bonne pour une pluviométrie également. La pêche dans la marre du Sanké (sanké-mon) se fait uniquement le premier jeudi du mois de Juin. Que la marre soit sèche ou humide, un poisson au moins y sort vivant. C’est le premier poisson, celui pêché par le chef coutumier, il sert avec d’autres ingrédients au rituel de la pluie.
Beaucoup de manifestations sont au programme de cet événement. Aussi, toute personne blaissée ou morte dans le cadre du sanké-mon ne donne lieu à aucune poursuite ni sanction.


