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Les A.P.E du suicide !

ACP-UE

mardi 20 mai 2008 par Issa Fakaba SISSOKO

En clair, avec les A.P.E, le marché malien, à l’instar de ceux des autres pays, se transformera en déversoir de produits des pays économiquement puissants.

« Le Mali face aux Accords de partenariat économique entre l’Union européenne et les pays A.C.P, défis et contraintes », tel était le thème d’une conférence débat tenue samedi dernier dans la salle de conférence de la Radio « Kayira ».

Le présent espace de débats et d’échanges s’inscrit dans le cadre de l’exécution d’une des composantes du projet « Bonne gouvernance » initié par la Fondation Rosa Luxemburg et le Réseau de communication Kayira. D’un coût global de 15 millions de francs CFA, ce nouveau projet, dont le lancement officiel a eu lieu il y a trois mois, vise à contribuer à l’amélioration de la connaissance sur la bonne gouvernance et la défense des droits humains dans notre pays. Le débat autour des APE, constitue l’un des 12 thèmes inscrits au programme du présent projet. D’entrée de jeu M. Lassine Sidibé, juriste de formation, fera savoir que le contexte actuel la signature des APE traduit un des facteurs d’appauvrissement des pays africains. Pour le secrétaire exécutif de l’Association des organisations professionnelles paysannes (A.O.P.P), qui fut conseiller juridique pendant 5 ans dans l’Office du Niger auprès des paysans, l’accord de libre échange dont il s’agit se fera avec des pays très en avance, économiquement, sur ceux de l’Afrique et des Caraïbes. « L’Europe a passé plus de 150 ans de renfermement économique sur elle avant d’ouvrir son marché à l’extérieur.

La Chine, elle, a mis plus de 50 ans.

Ces nations se sont données le temps qu’il fallait pour asseoir leurs économies. Le Mali, à l’instar de l’Afrique, doit en faire autant avant d’adhérer à ces accords » a déclaré M. Sidibé qui craint un envahissement du marché malien par les produits étrangers, entraînant du coup la mort de la production locale. M. Sékou Diarra, n’en dira pas moins. Pour le chercheur en politique économique sociale orientation et développement, l’Afrique, dans ses grands ensembles sous-régionaux, tout comme dans ses petites entités étatiques, n’est pas prête à signer l’Accord de partenariat UE/ACP dans sa forme actuelle. Estimant que la position de notre pays demande le renvoi de la signature des APE entre l’UE et les ACP jusqu’à une date ultérieure, le responsable de la Coalition des alternatives africaines, Dette et développement (CAD-Mali) révèle que l’intégration sous-régionale et régionale est un préalable à la signature desdits accords et que cette intégration n’est pas encore effective.

Le Mali, à l’instar de toute l’Afrique, va s’appauvrir

La signature d’une part entre l’UE, et d’autres part les entités sous-régionales ou étatiques dans les ACP (Afrique, Caraïbes, et Pacifique) est symptomatique de la violation de la souveraineté des pays en développement. En clair, des explications des deux conférenciers, il ressort que la mise en application desdits Accords de partenariat économique ne traduit que la volonté de l’Union européenne d’imposer sa politique divisionniste du monde ACP.

Ainsi, au regard de ces facteurs, les conférenciers dénoncent l’acharnement de l’EU à faire signer aux ACP des APE qui ne respectent point les principes de l’Accord de Cotonou. Bref, des débats, il apparaît clairement que la signature des présents accords de libre échange relève d’un chantage économique et financier de l’Europe sur les pays ACP, et constitue le péril proclamé de nos productions agricoles et de nos industries. D’où l’avis des conférenciers que les APE entraîneront la mort certaine de notre agriculture (dont les acteurs occupent 70% des populations maliennes), l’aggravation du chômage, l’accroissement de la pauvreté et la détérioration de l’environnement, etc. En somme, les impacts des APE et les enjeux de la politique actuelle de l’Union européenne sont dramatiques pour de nombreux pays africains. Le Mali n’échappe nullement à ce constat. Et de l’avis des spécialistes de la question, la signature desdits APE entraînera pour le trésor public une perte annuelle de plus 100 milliards suite à la suppression des barrière douanières.

C’est ainsi que pour compenser ce manque à gagner, certains acteurs non étatiques privilégient l’investissement pour la création et la promotion de nouvelles entreprises, la création d’un fonds régional APE pour une compensation desdites pertes fiscales, l’implication des organisations de la société civile et des parlementaires maliens et africains dans le processus de négociation, la définition et la mise en œuvre des politiques commerciales protégeant les populations, etc.

Comme pour dire que la signature des Accords de partenariat économique est suicidaire pour les pays en voie de développement, comme le Mali dont la production locale est menacée d’être absorbée par les produits étrangers.


 

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