Les quelque 650 travailleurs de cette mine qui menacent de débrayer les 18 et 19 juillet reprochent également à leur direction un autre péché plus grave : le racisme. A l’heure où nous sommes, aucune solution n’est encore trouvée par la direction pour empêcher cette ’’explosion’’ de la mine.
Dans la mine d’or de Kalana, les travailleurs de nationalité malienne sont maltraités, mal payés, exploités comme des serfs et ne bénéficient d’aucune garantie. Ils sont constamment menacés de licenciement.
Pour peu ou prou, l’épée de Damoclès est brandie au - dessus de leurs têtes.
Décidé à mettre fin à ces pratiques d’une autre époque, leur syndicat a déposé un préavis de grève pour le 18 et 19 juillet prochain.
Arrivée il y’a seulement trois mois, le nouveau patron de la mine est accusé d’avoir systématiquement remis en cause tous les accords conclus entre son prédécesseur et les travailleurs, y compris des petits avantages comme les prêts ou autres avances sur les salaires.
Ces décisions iniques constituent apparemment la goutte d’eau qui a fait déborder le vase !
Furieux, les travailleurs ne veulent plus rien entendre. Ils dénoncent même ce qu’ils appellent les inégalités et autres ségrégations fondées d’essence raciste dans la mine d’or de Kalana. En effet, selon eux, la mine ne compte que 13 Sud africains et 3 Philippins, qui touchent entre 12 et 13 millions de F CFA par mois et bénéficient de tous les avantages. Alors que les travailleurs maliens constamment au charbon s’en sortent avec des broutilles. Quand les nationaux tombent malades, le seul privilège qui leur est accordé est d’aller travailler à la surface de la mine, tandis qu’un médecin est toujours dépêché au chevet des autres.
Pis, une note de service trop osée sur les violations du règlement intérieur pouvant occasionner un licenciement a été signée par Colin J. S. Belshaw Fimmm. I. Eng, Directeur exécutif de Avnel Gold Mining alors que sa société ne doit intervenir que pour soutenir la mine qui est exploitée par Somika.
Alors qu’il n’appartient qu’au directeur de Somika s.a de signer de tel document, ont dénoncé les travailleurs.
Plus grave, depuis l’arrivée du nouveau directeur, les résultats de la mine (les quantités d’or obtenues) ne sont plus affichés comme à l’accoutumée, a dénoncé le syndicat.
Or, rien qu’au seul mois de juin dernier, il y’a eu trois sorties de métal jaune. Conséquence, personne ne sait plus exactement le rendement réel de la mine.
Alors question : entre l’État malien, Somika -sa et Avnel Gold…à qui profite réellement la mine d’or de Kalana ?
Alhassane H. Maïga
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