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Les étudiants ont exigé leur redéploiement sur le centre Tomota

Malgré les 2 amphithéâtres, çà bouillonne à la FSEG et FSJP

jeudi 10 juillet 2008 par Seybou KEITA

Malheureusement, les Maliens feront vite de revenir sur terre pour voir les choses dans leurs vraies couleurs. Les amphithéâtres de l’espoir sont entrain de devenir les amphithéâtres du désespoir. C’est l’amer constat qui nous a été donné de faire au sein des deux facultés (FSEG et FSJP). Les étudiants, arguant la petite taille des amphithéâtres par rapport au nombre d’étudiants, ont décidé de renouer avec leur traditionnelle AG. Doléance : leur redéploiement rapide sur le centre Tomota. C’est là qu’ils sont censés prendre les cours, sans se marcher ni sur les pieds, ni sur les têtes. Ceci est la volonté du comité AEEM du coin.

On se rappelle du samedi 14 juin 2008, sur la colline du savoir à Badalabougou. Le sommet de l’Etat malien, à commencer par le chef de l’Etat le général Amadou T Touré, s’était donné rendez – vous pour inaugurer les bâtiments flambants neufs des facultés des sciences économiques et de gestion ; et des sciences juridiques et politiques.

Ce jour là, la fierté était grande du côté du prof. Amadou Touré, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche supérieur. Cette fierté se justifie autant par la qualité du travail par la place qui est la sienne dans l’atteinte de l’objectif fixé : construire 2 amphis de taille pour les 2 facultés les plus peuplées du Mali, dans l’espoir de désengorger l’université du Mali, victime d’une démographie hallucinante.

Cela, le ministre Touré le voulait. Et c’était fait.

Deux bâtiments dont la première pierre a été posée un 29 septembre 2005, sur une superficie de 36 000 m² chacun, sont enfin là. Ils comprennent chacun un amphithéâtre de 525 places plus les 6 salles de classes de 50 places chacune au rez de chaussé comme au 1er étage.

Les 2 salles de classe de 200 places et les 6 spécialisées de 50 places chacune au 2ème étage, complètent le tableau, hormis les autres salles réservées à l’administration et aux profs. Ces joyaux ont coûté à l’Etat la coquette somme de 5 milliards de nos francs, sans compter l’addition très salée des 289 millions CFA de frais de suivi architectural. A l’inauguration des 2 bâtiments, le ministre Amadou Touré déclarait : « … ces nouvelles acquisitions, …contribueront, à n’en pas douter, à l’amélioration de la qualité des offres de formation de l’université ». Mais voilà, moins d’un mois après la remise officielle des bâtiments aux ayants droits, des problèmes surgissent du côté des 2 édifices qui se sont avérés loin, voire très loin, des attentes des étudiants.

La cause : les bâtiments sont trop peu dimensionnés pour contenir les étudiants et par moment ils sont si étroits qu’il est impossible pour la moitié des étudiants d’une seule classe de s’y installer pour prendre des cours. A titre d’exemple, la seule 4ème année FSEG compte plus de 1000 étudiants.

On ne compte pas les 2ème et 3ème années.

Alors, à la place de l’amélioration de la qualité des cours, comme défendu par le ministre Touré, c’est la baisse de la qualité des cours qui a fait irruption. Etudiants trop nombreux et entassés les uns sur les autres, s’ils ne sont pas contraints à prendre les cours au dehors ; professeurs mal à l’aise :les mauvaises humeurs ne manquent pas à la FSEG et la à la FSJP. Pour trouver une parade au phénomène, l’administration de l’université à trouver des solutions, disons à la sauvette. Il s’agit de réaménager les emplois du temps, de sorte que chacun puisse en trouver son compte. Là aussi, il y a problème nous a confié un étudiant en 4ème année droit. “ Il s’est avéré que plusieurs d’entre nous sont obligés de prendre leurs cours à des heures indues, allant jusqu’au dimanche pour les 4ème années droit”, a déclaré l’étudiant. Les professeurs vont – il accepter de travailler dans des conditions aussi difficiles, incluant même les dimanches comme temps de travail ?

Pour le moment, nous n’avons pu avoir une certitude là dessus. Cependant, il reste évident que des profs sont entrain de grogner sous l’eau, comme pour dire qu’ils n’acceptent pas cette option de l’administration universitaire.

En tout cas, face au problème, les étudiants, surtout de la FSEG ont commencé à rougir les yeux. Depuis le 30 juin, les AG sont revenues dans les emplois du temps et les débrayages ne vont certainement pas tarder à suivre. Face à la gravité de la situation, le comité AEEM de la FSEG a fait une proposition assez embarrassante à l’Etat. Il s’agit tout simplement de les redéployer sur le centre Tomota, à défaut de trouver une solution diligente à leur problème. Mais l’Etat, au regard des milliards de nos francs dépensés dans la location des salles de classes à travers Bamako, ne garde forcement pas un bon souvenir de cette option.

Aux dernières nouvelles, nous avons appris que le lundi 07 juillet 2008, les autorités de l’université du Mali ont décidé de donner une suite favorable à cette embarrassante volonté des étudiants en acceptant de redéployer une bonne partie des étudiants sur le centre Tomota.


 

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