Les non-dits d’une guerre de croisades intéressée
samedi 11 octobre 2008 par Abdoul Karim Maïga
En enfilant la robe d’avocats des consommateurs de téléphonie mobile au Mali, les responsables du réseau, au début, de ce feuilleton judiciaire, avaient crié au scandale, laissant comprendre aux clients qu’il y avait péril en la demeure alors qu’il n’en était rien.
Ce faisant, ils ont fait de nombreuses sorties médiatiques qui ne laissaient pas envisager une déception de leur côté.
Mais, comme force reste à la loi, le Tribunal de première instance de la Commune IV, en rendant son verdict le 23 septembre dernier, fera comprendre que leur plainte était irrecevable pour défaut de qualité au seul motif que le réseau n’est pas doté de la personnalité physique pour engager une telle plainte.
Ne voulant pas désarmer, puisqu’il faut obligatoirement que la société Orange Mali soit condamnée à l’instar d’autres sociétés appartenant à la filiale France Télécom ailleurs en Afrique (pour d’autres raisons), selon les propos du Dr. Adama Traoré, président du réseau, son « nouveau combat » porte sur la réduction de la tarification à la minute de 300FCFA à 85 FCFA à l’usage du numéro qui a tant fait parler de lui, comme si c’était le seul du genre.
Toute chose qui relève d’autres compétences.
Ce qu’il faut surtout savoir, c’est que la Direction générale d’Orange Mali n’a jamais fait de faux bond depuis le début de cette procédure judiciaire. C’est pourquoi, elle avait clairement signifié que c’était aux abonnés du réseau à partir duquel les appels ne passent pas de demander des comptes à leur propre opérateur, et non à une tierce personne. Aussi, en son temps, elle avait expliqué que Orange Mali n’était pas en relation contractuelle avec le Consulat de France pour la fourniture et l’exploitation du numéro 802 .27. 27. Ce qui explique son incapacité à s’opposer à l’utilisation, par les abonnés d’un autre opérateur, des services offerts par Call Me.
Si par extraordinaire des désagréments intervenaient, Orange Mali n’avait-elle pas averti qu’il appartient aux opérateurs dont les clients venaient à avoir des difficultés de procéder aux paramétrages techniques nécessaires ?
Pour ne pas en arriver à ce qu’on vit aujourd’hui, Orange Mali, avait quand même pris soin d’informer sans succès l’opérateur historique qui devait prendre des mesures. Ce qui remonte à 2003-2004. Par ailleurs, même si la justice ne doit pas se lasser de ses missions, il convient de signaler que nous devons arrêter d’entraîner notre justice dans un dossier stérile qui cache en réalité le désir de certaines personnes d’assouvir certaines ambitions.
Pour notre part, nous avons participé à une sortie médiatique du REMACOTEM organisée dans les locaux du Centre Islamique d’Hamdallaye à la veille du verdict de son premier procès intenté contre Orange Mali à l’issue duquel nous étions restés sur notre fin. Nous avons eu le tort de demander ce que le REMACOTEM attendait en terme de retombées financières s’il venait à gagner le procès et comment il entendait gérer le pactole.
Peut-être que le tort d’Orange Mali aura été de refuser de comprendre ce qui est contraire à son éthique professionnelle !
Abdoul Karim Maïga
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