Les plaies de la démocratie malienne
mardi 13 mai 2008 par Fété Bertin Dakouo
Aux dires du Dr Ousmane Sy, directeur du CEPIA, la démocratie est le choix des populations maliennes qui l’ont réclamé depuis les années 80, ce qui a conduit aux émeutes de mars 1991. Mais cette démocratie a toujours été balbutiante.
Et cela, depuis la période des parties uniques à 1991, époque à la quelle le peuple malien a formulé deux choix. Il s’agit notamment de la forme républicaine de l’état et de la laïcité. En effet, la forme républicaine prévalait l’intérêt général sur celui des particuliers, installait un multipartisme dans les fins d’une politique fiable d’hommes capables et de la confiance des populations. Par delà, c’est aussi la création et la protection des libertés publiques. A en croire Dr Sy, les principes de la démocratie sont la sincérité et la transparence qui rendent crédibles tout acte démocratiquement établi. Malheureusement dans notre pays, non seulement ces principes sont violés, mais les valeurs de la démocratie sont bafouées.
En ce sens, que l’on se rue sur les méthodes en mettant dans le tiroir des oubliettes l’éthique. Les conséquences saont mères : le déséquilibre de la séparation des pouvoirs et l’émiettement de l’opposition. Une opposition sans la quelle toute démocratie est vaine clame Dr Sy avant d’ajouter que « tout pouvoir sans contre pouvoir est une destruction ». Aussi, il révèlera que la gouvernance est mauvaise par ce qu’elle est inadéquate.
En effet, les textes fondamentaux de notre pays mentionnent en illustration le suffrage universel, mais faut-il le rappeler, ce texte est inapplicable au Mali en raison de son incompatibilité avec la société malienne.
En plus, quand la légitimité se perd au profit de la légalité. On assiste alors à la fraude de tout genre et à la corruption massive, toutes choses qui ruinent l’état. Il relèvera plus tard l’handicape de l’extrême dépendance de l’extérieur. Soulignant qu’un peuple s’appauvrit autant que sa dépendance extérieure s’accroit, Sy précisera que les crises politiques, économiques et sociales sont resolvables mais, qu’un pays ne se relève jamais sans avoir son autonomie.
Si la gouvernance dépend de la qualité des hommes et que tout état reflète le niveau intellectuel et politique des hommes qui le construisent, il est à, déplorer la piètre compétence de nos dirigeants. C’est alors que le président de l’AMDH monsieur Koné s’appesantira sur le thème du « droit de l’homme au Mali et réalité ». D’entrée de jeu, Maître Koné soutiendra que les droits de l’homme et les traités internationaux sont bafoués au Mali. L’incivisme, la rébellion et la corruption entravent non seulement le respect des droits de l’homme mais aussi le développement. Et ajoute-t-il, que la corruption éteint les valeurs morales accroit la pauvreté. C’est pourquoi, il déplore le manque de volonté des autorités de lutter contre cette décadence. De même, il déplore l’irrespect des droits de travail, le coup élevé de l’accès à la justice et la dépendance de la justice au pouvoir exécutif toute chose qui met sa fiabilité en doute.
De surcroit, Maitre Koné propose l’assainissement des institutions par le renvoie des personnes de mauvaise moralité, l’amélioration du processus électoral et la consolidation de la paix.


