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Les prémices d’un échec

Forum sur l’école Malienne

dimanche 13 avril 2008 par Jean Pierre James

Or, le premier responsable de l’Enseignement secondaire, Amadou Touré ne semble pas retrouver ses repères et s’embourbe dangereusement dans la fange puante du système éducatif. Il n’est pas étonnant qu’il s’embourbe et perd les pédales.

En effet, la crise qui couve aujourd’hui au sein de l’enseignement secondaire, suite à des promesses sans lendemain et d’espoirs avortés, faute de Amadou Touré, ministre des Enseignements Secondaire Supérieur et de la Recherche Scientifique est loin de connaître son épilogue. La grève des promoteurs de l’enseignement privé et la sortie inattendue de la CoSES (Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire), hier jeudi 10 avril 2008, en dit long.

C’était au cours d’un meeting tenu au Centre Islamique d’Hamdallaye.

« Désormais, la guerre est ouverte ! Et nous irons au bout de notre logique jusqu’à ce qu’on obtienne satisfaction auprès du gouvernement, singulièrement au niveau de notre département de tutelle. Et c’est pour cette raison que nous avons initié cette rencontre afin de mettre tous les camarades au même point d’information ».

C’est en ces termes que le secrétaire générale de la Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire (CoSES), Tiémoko Dao, a introduit les débats de cette rencontre. Et le secrétaire aux revendications de la CoSES, Mamadou koné d’ajouter : « nous ne reculerons plus, sans la victoire ». L’une des preuves de la crise de l’école malienne A l’origine de ces multiples crises, la création de la CoSES. Ce groupement syndical de l’enseignement secondaire, dépose sur la table du gouvernement deux préavis de grève contenant 7 points de revendication. C’était en octobre et en décembre 2007.

Entre autres points énumérés : l’octroi d’une indemnité de logements aux travailleurs de l’enseignement secondaire ; la relecture de l’article 60 de la loi n°99-046 du 28 décembre 1999 portant Loi d’Orientation de l’Education ; la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire et le paiement avec rappel de l’indice financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2008. Et par la suite, la Coordination dépose de nouveau un troisième préavis de grève, en date du 17 janvier 2008. Et le gouvernement, comme pour dire que les choses vont bon train, fait un semblant de négociation, face aux deux premiers préavis de grèves. Et coup de théâtre : le troisième et dernier préavis n’a guère fait l’objet de négociation. Ce qui, selon les membres de la Coordination syndicale des enseignants, constitue une violation flagrante de la loi n°87- 47/ AN- RM du 10 août 1987. Cette loi en son article 3 stipule : « … A la suite du dépôt du préavis, le différend est porté devant une commission de conciliation composée de personnalités indépendantes et étrangères au conflit. Les membres de la commission de conciliation sont nommés par arrêté du ministre du travail sur proposition conjointe du ministre intéressé et de l’organisation syndicale la plus représentative. »

En effet, c’est un mois après le dépôt du dernier préavis (le 17 janvier 2008) que le ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Amadou Touré a rencontré le bureau de la CoSES pour échanger autour de ce troisième préavis de grève. Hélas ! La rencontre s’est soldée par un échec. Faute de proposition concrète de la part du ministre Touré. Il s’était plutôt évertué à solliciter un délai de grâce. Et le 8 février 2008, contre toute attente et sans accord préalable avec les responsables de la CoSES, le ministre Touré, accompagné de ses homologues de l’Administration Territoriale et de la Fonction Publique, ont rencontré les partenaires de l’école pour présenter un document dénommé : « Réponses aux doléances des partenaires sociaux de l’école ». Mais, une semaine plus tard, soit le mercredi 13 février 2008, le ministre Amadou Touré, en charge du département des enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, rencontre le bureau de la CoSES pour recueillir la réaction des responsables par rapport à la teneur du document. Pour ces derniers, le document en question n’est qu’une simple déclaration d’intention. D’où la colère des enseignants du secondaire et la décision de la Coordination du Syndicat de l’Enseignement Secondaire à maintenir son mot d’ordre de rétention des notes, de non évaluation et de boycott de toutes les compositions en vigueur au titre de l’année académique 2007- 2008. La tête du Ministre mise à prix Pour les responsables de la CoSES, il s’agit désormais pour le gouvernement, particulièrement pour le ministre Touré de s’attaquer au talon d’Achille de la coordination syndicale des enseignants du secondaire.

Ainsi au cours, du ce meeting d’hier, tous les militants de la CoSES étaient dans tous leurs états, décidés à en découdre avec le gouvernement par rapport à leurs doléances. Pour les responsables de la CoSES, le ministre Touré les aurait « roulé dans la farine ». Et quant au Premier ministre, Modibo Sidibé, qu’il aurait tenu la langue de bois. C’est tout le sens que les responsables de la CoSES donnent à la rencontre qui a regroupé le premier ministre, les acteurs et les partenaires de l’école. Par ailleurs, si Mme Bah, Fatoumata Néné Sy n’a été qu’un agneau sacrificiel, Amadou Touré, lui, ne peut rien d’autre être qu’un « bélier de Tabaski ». L’écurie d’Augias est loin d’être nettoyé. En tout cas, il est clair que M. Touré n’a ni l’intelligence, ni la compétence pour trouver les solutions aux problèmes de l’école malienne. Les témoignages de ses collègues de l’ENSUP et de la FLASH, des militants et des militantes de son parti en disent long sur les limites de l’homme.

En attendant, la CoSES signe et persiste devant le traitement définitif que le gouvernement accordera à ses revendications, contenues dans les trois préavis de grève. Autrement dit, le spectre de l’année blanche plane sur l’école malienne. Il est inutile d’aller chercher ailleurs que dans l’incompétence d’un ministre en panne d’inspiration.

Mauvais présage donc !


 

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