Les quatre vérités de Moussa Balla Coulibaly
jeudi 3 janvier 2008 par Assane Koné
Malgré la solennité de la cérémonie, il a ténu à dénoncer des phénomènes récurrents auxquels l’État n’arrive pas à trouver des solutions depuis quelques années. Le Président du Conseil économique, social et culturel s’est élevé contre la diminution, d’échéance en échéance, du taux de participation aux élections. Selon lui, cette situation frise le ridicule. Moussa Balla Coulibaly a attendu la présentation des vœux pour rappeler à ATT et aux députés maliens qu’ils ont été mal élus. Et pour éviter à nos élus toute illégitimité pour parler au nom du peuple, le Président du Conseil économique, social et culturel propose la solution de l’inscription volontaire sur les listes électorales, le vote n’étant pas obligatoire. « C’est la pratique en France, pays qui nous a beaucoup inspiré quant à la rédaction de notre Constitution », a-t-il déclaré.
Moussa Balla Coulibaly n’arrive pas à s’expliquer les dégâts matériels et humains qui accompagnent nos bonnes pluies. Mais, il a des responsables tout indiqué : l’inexistence ou l’inadéquation des infrastructures. Il s’en veut pour preuve les inondations récurrentes de la ville de Bla. Mieux, à travers le Président de la République, il a interpellé les différentes autorités du pays à s’interroger sur la nature et l’étendue de leurs responsabilités. « Le propre de l’homme est de dompter la nature, Dieu l’ayant doté de moyens nécessaires pour ce faire », a-t-il rappelé.
A propos de la situation récurrente, douloureuse et préoccupante dans le nord-est du pays, il a simplement proposé au chef de l’État une réflexion nationale, eu égard à la forme et à la nature des actions actuelles. Mieux, Moussa Balla Coulibaly dira : « La nation, à travers les Institutions compétentes et responsables de la République, est dans l’obligation absolue de réagir. Il s’agit d’un moment contraignant et singulier de notre histoire ».
En outre, le Président du conseil économique, social et culturel a attiré l’attention du Président de la République sur « toutes ces démarches, ces gesticulations, ces oripeaux qui procèdent de l’obsession de complaire à ceux qui déterminent les canons de la démocratie et accordent ou refusent le label à d’autres ». Moussa Balla Coulibaly ne s’explique pas l’importance que les autorités de la République accordent de plus en plus au parlement des enfants, alors même que son institution depuis des années n’a pas pu ramener la discipline, la saine compétition intellectuelle et physique à l’école, lieu de vie des enfants où règne le laisser faire.
Se fondant sur des valeurs pertinentes de notre culture, le Président du conseil économique, social et culturel a soutenu qu’il peut affirmer sans risque de se tromper que Sundjata n’a pas convié les enfants à Kurukan Fuka et qu’ils n’étaient pas aussi présents dans les « Fama Blo » de Ségou et du Kaarta. « C’est dire que pour se perpétuer, la démocratie malienne doit être ancrée dans nos propres valeurs de civilisation. Nous devons donc être et rester nous-mêmes, penser grand pour le Mali, assurer son respect par les autres et par les Maliennes et Maliens », a-t-il déclaré. Et pour répondre à cette préoccupation identitaire, le Président Moussa Balla Coulibaly a annoncé que le thème retenu pour la prochaine session ordinaire du conseil est : « Culture, élément identitaire national ».


