Marche en vue pour obtenir le départ du DG
vendredi 4 juillet 2008 par Markatié Daou
Visiblement, le personnel de la protection civile du Mali semble à bout de patience. C’est ce qui explique sa marche pacifique sur le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, prévue le jeudi 10 juillet 2008.
Les marcheurs (environ des milliers), sauf si le département en charge de l’Administration territoriale et des Collectivités locales s’oppose, partiront de la direction générale de la protection civile (avenue de l’OUA) en passant par le pont des Martyrs, devant l’ambassade de France, le square Patrice Lumumba, le ministère chargé des Institutions, pour prendre fin devant le ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile où un sit-in est programmé. De sources bien introduites, on apprend que le personnel entend dénoncer de vive voix ce qu’il appelle « les comportements néfastes et l’incapacité du directeur général de la protection civile à gérer le service ». Outre l’intéressé lui-même à savoir le colonel Mamadou Traoré, le syndicat a d’ores et déjà informé, par correspondance n°0258/SSPC adressée au ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités territoriales avec ampliation au Syndicat national des travailleurs de l’administration (Syndate) et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), leur ministre de tituelle.
Pris de panique, le « Sofa de Markala » (le DG) aurait déjà engagé les tractations aux fins d’étouffer le grand déballage qui se profile à l’horizon. Parviendra-t-il à empêcher cette tempête qui, faut-il le rappeler, est un énième désaveu à son égard ? Tout porte à le croire. Car ces trois derniers mois l’homme, selon de sources concordantes, serait parvenu à travestir aux yeux de son ministre le général Sadio Gassama la réalité sur l’application de points de revendications du syndicat de la protection civile. Au cours d’une audience le 29 février 20 08 au ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le ministre Gassama et le syndicat avaient conclu un accord autour des points. Il s’agit notamment de l’arrêté n°06-813 MSIPC du 20 novembre 2006 réglementant les conditions d’alimentation des agents de la protection civile en formation professionnelle ; de l’arrêté n°07-2619/MSIPC-SG du 26 septembre 2007 portant réglementation du port de l’uniforme par les fonctionnaires de la protection civile. La formation, le concours professionnel des agents techniques et des techniciens, le reclassement de techniciens de santé et secouristes, les administrateurs sous-employés, la carte professionnelle, le reclassement des diplômes académiques, la mutuelle, l’équipement de la section syndicale, la relecture du statut, la création d’une école de protection civile et le congé de formation pour les bourses octroyées au syndicat sont aussi d’autres points de revendications du syndicat qui n’ont jamais eu de suite favorable contrairement à ce que le DG de la protection civile aurait indiqué à son ministre de tutelle. Le sit-in prévu le jeudi prochain permettra sans doute au syndicat de révéler au ministre « l’inexactitude de beaucoup de propos du DG ». A preuve, s’agissant du reclassement des techniciens de santé et des secouristes que le ministre estime exécuté, le syndicat se dit prêt à démontrer le contraire.
Selon ce dernier le DG veut prendre le service en otage en s’engouffrant dans une camisole de monarque. On dit qu’hormis son comptable qui serait devenu son homme de main le DG n’aime rien partager avec qui que ce soit. Et repète cette triste réalité à qui veut l’entendre. Selon certaines indiscrétions, il aurait plusieurs fois repété lors de ses rencontres avec le personnel que ceux qui dénoncent sa gestion dans la presse doivent attendre longtemps avant de le voir partir.
Mangeur de chefs d’etat-major et de ministres ?
Même si « le Sofa de Markala » ne s’est pas encore prononcé sur cette question, force est de constater qu’il ne cesse de répéter que sa gestion, quoi que scandaleuse, ne peut point le faire partir. Est-ce à dire que c’est le ministre qui va payer sa gestion calamiteuse des affaires ? La question taraude l’esprit de plusieurs sapeurs-pompiers qui se félicitent de la rigueur du ministre mais craignent qu’il ne boive le calice jusqu’à la lie.
Car contrairement à ce dernier, le ministre tient à un bilan élogieux qui demeure le baromètre de son maintien en poste. Qu’en est-il de la perception non justifiée sur les indemnités des recrues au nom de la mutuelle alors qu’aucune forme de mutuelle n’existe dans la protection civile ? Pire, l’affaire des groupes électrogènes SDMO que l’homme qualifie « de banale affaire » sent le scandant à mille lieues.
En ce sens que le DG aurait affirmé suite à une interpellation par son ministre que « ces groupes se trouveraient avec certains agents auxquels j’ai donné la consigne ferme de les ramener ». Si cet aveu, qui paraît comme la preuve d’une gestion laxiste, venait à être confirmé par le contrôle général d’Etat, il noircirait le bilan des six ans du général Sadio Gassama à la tête du ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile. De sources bien introduites au MSIPC, on apprend que celui qui se fait appeler « le Sofa de Markala », se tape la poitrine en se disant intouchable. « Pendant mes 8 ans à la tête de la proctection civile, j’ai bouffé 3 chefs d’état-major, 3 ministres de la Sécurité intérieure, des directeurs généraux de la police ».
Qui dit mieux ?
Affaire à suivre !
Markatié Daou
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