En effet, le vendredi 23 mai 2003, une équipe de 4 personnes avec à leur tête Mamadou Samaké partait pour la surveillance en brousse, dans le cadre d’une brigade de vigilance locale.
Konandji Samaké et Sékou Samaké qui opéraient ensemble surprenaient le berger Nouhoun Barry en train d’élaguer le « Gounan » et le Karité pour ses petits ruminants. Ils l’interpellèrent, mais le berger feignit de les ignorer tout en continuant de plus belle son travail.
Ils se saisirent de son troupeau en vue de le conduire chez le chef de village. Ce à quoi le berger s’opposa fermement. Après des imprécations et des injures grossières échangées de part et d’autre, une bagarre suivit. Le berger qui voulait, selon les inculpés, asséner un coup de bâton à Konandji Samaké qui conduisait le troupeau, fut maîtrisé de dos par le jeune Sékou Samaké. Ce qui permit à Konandji Samaké d’intervenir en prenant Nouhoun Barry par le collet et en lui donnant deux coups de poing en pleine figure. Le berger, mortellement touché, tomba évanoui. Au lieu de porter secours à leu victime et adversaire gisant dans son sang, les chasseurs n’ont trouvé mieux que de défaire sa ceinture, avec laquelle, ils lui attachèrent les deux mains, l’abandonnant à une mort lente et cruelle sous un soleil torride.
Ils partirent gaillardement rendre compte de leur exploit à leur chef d’équipe. Une fois rentrés au bercail, ils partirent à Kollé où ils passèrent le reste de la journée et rendirent compte à Zangué Samaké et à son père. Rentrés à la maison le petit soir, un compte rendu fidèle fut fait au chef de village et au chef des chasseurs de Fokobougou Boua Samaké, initiateur de cette brigade de vigilance. Ce qui est révoltant, c’est qu’aucun secours ne fut provoqué par tous ces responsables des jeunes gens en faveur de la victime. A Kollé aussi bien qu’à Fokobougou.
A la tombée de la nuit, le troupeau de petits ruminants rentra au village, sans berger. Les parents de la victime, aussitôt, organisèrent une battue au terme de laquelle, le berger Nouhoun Barry fut retrouvé mort par strangulation, les avant-bras solidement attachés, le boubou enroulé autour du cou. Les inculpés, de leur arrestation à leur comparution hier en Assises, ont toujours reconnu leur forfait.
A la délibération, la cour les a condamnés.
Abdoul Karim Maïga
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