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Ministère de l’Education de base ou succursale du REDD ?

DEPARTEMENT DIRIGE PAR MME SIDIBE AMINATA DIALLO

samedi 28 juin 2008 par Markatié Daou

Aucun conseiller communal, ni de député à l’Assemblée nationale. Le bilan pour cette formation semble se résumer à la présence de sa présidente, Mme Sidibé Aminata Diallo à la présidentielle de 2007. C’est désormais sur le ministère de l’Education nationale qu’elle compte atteindre ses objectifs politiques.

A la formation du gouvernement le 3 octobre 2007, la candidate que les électeurs, à l’image des femmes du Mali, ont sanctionné, s’en est tirée avec l’un des plus importants portefeuilles ministériels du pays à savoir le ministère de l’Education de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales.

En moins d’un an à la tête de ce département stratégique, Mme Sidibé Aminata Diallo a tendance à donner raison à ses détracteurs qui voyaient sa nomination d’un mauvais œil. A preuve, la militante pour l’environnement à tendance à transformer son ministère en un QG pour son parti, dont le siège officiel se situe à moins de 200 mètres du ministère. Confusion au sommet Selon des sources, on a aujourd’hui du mal à faire la différence entre le siège du REDD et les services du ministère de l’Education de base de l’Alphabétisation et des Langues nationales.

Est-ce à dire que ce flou entretenu au sommet est dû à la proximité géographique des deux locaux ?

En tout cas, on apprend que la direction politique du REDD utilise les employés du ministère dans certaines de ses missions. On affirme que les coursiers du ministère sont utilisés dans le dispatching des courriers du REDD. Le plus grotesque de cette affaire, selon nos sources, s’est déroulé le samedi 21 juin dernier lors d’une tournée effectuée à Baguinéda par Madame la ministre. L’occasion faisant le larron, Mme Sidibé Aminata Diallo, partie répondre à une invitation du premier responsable du parti REDD de Baguinéda, Jean Marie Dembélé, enfila très vite la camisole d’ingénieur agronome en tentant d’expliquer un projet (l’Initiative riz) que le Premier ministre lui-même avait déjà détaillé lors d’une de ses missions dans cette localité. « Pleurnicharde » invétérée, elle a dû récidiver à Baguinéda.

C’est à partir de là-bas qu’elle s’est rendue à Kalabancoro pour présider la cérémonie d’adhésion à son parti de militants RND avec à leur tête trois conseillers dont le 1er adjoint au maire. Le discours tenu à cette occasion n’avait rien de gouvernemental. Ce qui fait dire à d’énormes observateurs que les activités menées par Madame le ministre s’inscrivaient plutôt dans un cadre politique que gouvernemental. D’autres affirment même que son discours sur « l’initiative riz » n’était qu’un travesti pour authentifier la présence de la délégation qu’elle a amenée et les moyens de l’Etat qu’elle a utilisés à cette occasion.

Laquelle a été mise à profit par Mme Sidibé et les nouveaux adhérents à son parti, pour scruter les horizons 2009 et 2012. Maigres résultats électoraux Avec un score encourageant à la présidentielle du 29 avril 2007, la première femme candidate à Koulouba, Mme Sidibé a commencé à prendre goût à la politique.

Pour les élections législatives de juillet 2007, le REDD n’avait pas caché ses ambitions. Ainsi, il briguait des suffrages dans 9 des 55 circonscriptions électorales du pays. L’ambition semblait quelque peu démesurée car au lieu de nouer des alliances avec d’autres formations bien implantées, le REDD avait décidé d’aller seul sur ses propres listes dans 5 circonscriptions électorales. Il n’avait fait liste commune avec certaines formations que dans 4 circonscriptions. Résultat : l’enthousiasme suscité par le score de la candidate à la présidentielle n’aura finalement duré que le temps d’une rose.

Cette chute vertigineuse de la formation s’étendra-t-elle aux élections communales de 2009 ?

Pour de nombreux observateurs, le REDD doit jeter un regard sur son passé électoral afin de mieux préparer les prochaines joutes électorales. Il en va de l’avenir du parti quand on sait qu’il joue sa survie. Pour la simple raison que les transfuges du RND qui y ont déposé leurs valises nourrissent des ambitions et un mieux-être, ce qui oblige le parti à un score encore plus honorable que celui des deux précédentes élections.

Pourtant de sources bien introduites, on apprend que le directoire du parti écarte encore l’hypothèse de liste commune avec d’autres formations politiques. La raison, dit-on, est toute simple : il veut mesurer son poids réel en attendant la présidentielle de 2012 à laquelle la présidente se prépare « si Dieu lui prête longue vie ».

Affaire à suivre


 

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