Nécessaire vigilance !
vendredi 3 octobre 2008 par Fété Bertin Dakouo
Des Groupements d’Intérêt Economique (GIE), c’est en tout cas l’appellation qui convient à certaines écoles d’autant plus que derrière la prolifération de ces établissements se cachent un plan machiavélique d’enrichissement de leurs promoteurs.
Le scénario est très simple.
En effet, bon nombre de ces promoteurs utilisent les élèves comme des canards sauvages. D’abord ils leur font croire au père Noël, en faisant passer des bandes annonces à la télé magnifiant la qualité de l’enseignement dispensé dans leurs établissements. Y en a même qui procèdent à des affichages en ville. Bref ils n’épargnent aucun alibi pour faire craquer les parents d’élèves éclopés par la baisse du niveau de l’enseignement au Mali. D’ailleurs cette piètre qualité de la formation dans nos facultés et grandes écoles gouvernementales est au cœur du forum sur l’éducation dont les assises auront lieu dans quelques semaines.
Pire encore les formations qualifiantes, ne répondent pas aux besoins du marché du travail. A l’exception près de quelques écoles dont l’Institut Universitaire de Gestion où l’accès est de plus en plus frauduleux et rocailleux, l’Ecole Nationale d’Ingénieur handicapée par sa capacité d’accueil.
Les parents soucieux du devenir de leurs enfants sont contraints de se tourner vers ces « GIE » qui pour eux, offrent des formations professionnelles plus adaptées aux emploies immédiats au prix de colossales sommes d’argent.
En réalité ce ne sont pas les filières qui sont en cause, mais plutôt les professeurs qui en ont la charge. Ils sont pour la plus part des sortants de la Faculté des Sciences et Technique, de la Faculté des Lettres Langues Arts et Sciences Humaines et quelques détenteurs de Master et DESS des établissements étrangers. Ils ne sont pas habilités à dispenser des cours au supérieur et poussent l’outrecuidance d’enseigner des matières dont ils n’ont que de vagues connaissances. Nous avons eu la désagréable surprise de constater, lors de notre passage à la direction d’une de ces écoles, qu’un sortant de la géographie Flash dispense des cours de tourisme, qu’un sociologue enseigne l’administration dans une école de Banque. L’une des raisons qui ont prévalu au choix de ces personnes est qu’elles coutent moins cher au promoteur qui perçoit des parents des millions pour la piètre formation.
Les initiateurs mettent en avant leur partenariat avec des universités magrébines ou européennes.
Très généralement, ces coopérations ne sont que de vils accords. Aussi, ils se flattent de leurs salles informatiques connectées comme si l’internet était un bien particulier auquel les étudiants n’ont pas accès ailleurs.
D’ailleurs, ces salles ne sont accessibles aux étudiants que quelques heures par semaines.


