Tout cela n’a pas empêché les autorités de Bamako de renégocier à Tripoli avec les rebelles.
Le gouverneur de Kidal, Alhamdou Ag Illiène, aurait fortement contribué à confirmer la rumeur d’attaques rebelles en ordonnant lundi la fermeture des commerces, des bureaux et en faisant placer la ville sous haute surveillance.
Cette atmosphère a entraîné des vagues de déplacés et a plongé dans la morosité la plus totale l’économie moribonde de la ville qui ne doit son existence qu’aux échanges avec l’Algérie voisine. L’armée a laissé les rebelles s’approcher des portes de la ville de Kidal, avant d’ouvrir le feu. Appuyée par l’aviation militaire, elle est parvenue à les repousser. Pendant ce temps à Tripoli, les responsables des deux parties sont censés se trouver autour de la table de négociations. Dans ce bordel qu’a tendance à devenir la situation au nord, difficile de faire fi de l’état d’âme du citoyen lambda qui s’interroge : pourquoi continuer de dialoguer avec des gens qui gardent des couteaux entre les dents ? Qui n’ont jamais laissé les armes face à l’Etat qu’ils continuent de défier et d’humilier ? Pourquoi celui-ci continue-t-il de jouer la politique de l’autruche, même dans la gestion de l’information, dès lors que celle-ci a fait long feu ?
Après Tamanrasset, Alger I, Alger II, Alger X…autant d’accords et de pactes violés dans la lettre et l’esprit par qui on sait, que va-t-il sortir de Tripoli et pour combien de temps ?
Souhaitons voire prions pour que le lot des impunis ne fassent des émules, certains pour les mêmes raisons que les faiseurs de merde de l’acabit. De Fagaga, Bahanga, Amouzar, d’autres du fait des frustrations accumulées ! Qu’on se dise une petite vérité : la violence n’est certes pas la meilleure option pour résoudre les crises qui finissent en général grâce au dialogue. Mais le laxisme qui s’assimile surtout à la forfaiture est hyper dangereux pour l’Etat. Celui-ci fonctionne sur des règles, expressions de la volonté générale, qui ne demandent qu’à être appliquées avec responsabilité !
Oui, force doit être donnée à la loi !
Dans l’intérêt de tout le monde, y compris les pouvoirs publics chargés de la mise en œuvre de ces règles. Car il est une constante : les rebelles et les bandits armés, qu’on a d’ailleurs du mal à distinguer tant les physiques et les méthodes sont similaires, ont toujours eu l’initiative des troubles au nord.
Ils ont toujours gagné la bataille de la communication par le truchement d’une savante intoxication à travers les médias internationaux.
Les autorités maliennes ont toujours eu la même attitude défensive face à ce problème récurrent : afficher la surprise voire l’indignation, après avoir tenté de nier l’évidence, la rumeur les ayant toujours rattrapées.
Alhassane H. Maïga
Articles de cet auteur



