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“Nous gérons les attaques et digérons la crise elle - même”

Crise du nord : leçon des récentes attaques de la rébellion

jeudi 15 mai 2008 par Seybou KEITA

Tel a été le cas Diabali et dernièrement d’Ansongo, sinon rien ne pouvait empêcher l’armée malienne de prendre des dispositions à ce niveau, surtout qu’elle est censée tout connaître de la zone Niono, Molodo, Diabali, Léré, … comme ayant été toujours dans la ligne de mire de la rébellion. Les crises du nord des années 1990, 1994 ont toute passé par là.

Le mardi 06 2008, entre 4 et 5 heures du matin, le camp militaire de Diabali a été la cible d’attaque d’une unité de la rébellion touarègue, conduite par un ex officier de l’armée malienne en rupture de banc ; mais toujours sous le contrôle de Ibrahim Ag Bahang, même si cette dernière attaque ne révélait pas directement de lui.

L’attaque en question avait fait un mort côté malien, en plus d’importants lots d’armements et de minutions enlevés par les assaillants. Juste après le coup de force de la rébellion, l’armée malienne, à partir de Ségou, a dépêché du renfort sur place. Une course contre la montre a été aussitôt enclenchée, histoire de mettre rapidement la main sur les assaillants, mais surtout de refaire le moral d’une troupe fortement malmené par les derniers événements. Qu’on le sache, dans le feu de l’action, une patrouille malienne est parvenue à jeter le filet sur un groupe de touaregs, malfrats ou rebelles selon les informations ; qui ont été rapidement convoyés à Bamako, avant d’être gardés au frais, pour la plus part, à la maison d’arrêt de la capitale le week - end passé, selon de source proche. Concernant le camp de Diabali, de sources bien introduites dans ledit camp, nous informent qu’il a reçu la visite inopinée des assaillants le mardi 06 mai 2008 à l’aube. Au moment des faits, tout le camp ou presque était au lit et le niveau d’alerte était au vert, c’est-à-dire inexistant, disons même nul.

La sentinelle, bien sûr qu’elle était là mais de quelle sentinelle s’agit – elle, surtout que des témoins nous informent que celle –ci était non seulement insuffisante, déconcentrée, plutôt intéressée par la fraîcheur de la nuit que par la sécurité du camp.

Aux dires de nos interlocuteurs, les assaillants, à bord de quelques puissants 4X4, auraient profité des facteurs comme la baisse extrême du niveau d’alerte et l’oisiveté de la sentinelle, pour s’infiltrer et s’emparer de la poudrière d’abord, avant de neutraliser tout le camp. Cela, sans tambour, ni trompette. C’est vrai que des coups de feu ont été tirés et entendus par des témoins, mais de source très sûre nous apprend que c’était des tirs uniquement faits par les assaillants, qui s’amusaient là à décourager d’éventuelles résistances. La victime de l’attaque, du nom de Ould Lamine, soldat de son état, aurait été tuée d’une balle, pour l’empêcher de faire quoi que ce soit. Au fait, Ould Lamine aurait eu le malheur de chercher à se défendre plutôt que de se tenir au respect, comme c’était le cas pour bien de ces camarades du camp. Ce qui est curieux dans cette affaire, c’est que les assaillants n’ont fait aucun otage, encore moins exercé une quelconque pression sur tel ou tel soldats encore à leur merci. Ils ont tout simplement rassemblé les armes qui les intéressaient et ont sauté dans leurs 4X4. Cette attaque comme bien d’autres, pose évidemment 2 problématiques. Une, l’état d’esprit de nos soldats sur le terrain ; et deux, la stratégie déployée par les chefs militaires en ce qui concerne les niveaux d’alerte à maintenir dans une zone en fonction de son degré d’exposition au danger. Comme nous le savons, l’état d’esprit d’un soldat est un élément essentiel à suivre et à évaluer constamment, surtout si l’intéressé se trouve dans un endroit où les armes peuvent crépiter à tout moment. Le niveau d’alerte, nous n’apprenons rien aux professionnels des armes et de la guerre, est au fait l’élément catalyseur d’une troupe dans une zone de combat. Ce niveau doit être constamment revu et adapté au contexte pour éviter toute surprise désagréable ou bavure, genre : « il ne fallait pas ».

Etait – ce le cas du camp de Diabali, de l’axe Aguel Hock - Tessalit et recemment de la gendarmerie d’Ansongo ?

Nous estimons que non, même si nos chefs militaires ont cette expérience qui leur enseigne que toute la zone de Niono (Diabali, Molodo,..) en passant par Léré et autres, sont à suivre comme du lait sur le feu, tant elles sont réputées une région très poreuse, hautement brûlante et proche d’une frontière où razzia et agressions font légion. En tout cas, au camp de Diabali, le niveau d’alerte était si bas qu’il était permis à des soldats de vider les lieux pour des besoins personnels ou pour s’occuper de la sécurité des délégations de l’office du Niger lorsque celles - ci font des missions dans leur zone d’exploitation. Et les assaillants bien informés ont attendu le temps que le camp se depeuple, car d’autres militaires de la garnison avaient été déportés à Nampala ; pour s’en donner à coeur joie.

Aux dernières nouvelles, nous avons appris que du vendredi 09 au samedi 10 mai 2008, une importante délégation militaires de très haut rang s’est rendue à Diabali. L’objectif, dit – on, a été d’évaluer la situation et de faire une mise au point. C’est toujours ainsi, on attend les attaques, après on réagit et on se calme avant qu’une nouvelle attaque ne survienne.

Voilà pourquoi, nous disons que c’est très dommage de voir que l’armée malienne a pris cette habitude qui lui conseille de gérer les attaques mais de digerer la crise elle - même.


 

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