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Où sont passés les alliés d’ATT ?

GESTION DU POUVOIR

mercredi 21 mai 2008 par Abdoulaye Diakité

Pourtant, le pouvoir est censé s’appuyer sur une majorité présidentielle qu’incarne l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP), laquelle malheureusement lui a tourné dos pour se plonger dans les calculs prétentieux de sa succession à l’horizon 2012. De quoi étonner les observateurs…

En 2007, lorsque se constituait cette fameuse plate-forme pour un soutien au chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, ils étaient nombreux les observateurs avertis de la scène politique qui mettaient en doute l’aptitude d’un tel conglomérat à accompagner le régime à bon port.

Malgré la boulimie de pouvoir qui caractérise certaines grosses pointures de l’alliance, on n’aurait jamais pensé que ces alliés allaient fausser compagnie au chef de l’Etat au tournant où ils sont le plus attendus. Quand à l’issue des législatives l’ADP s’est taillé la part du lion en enlevant sur 147 sièges à pourvoir près de 130 portefeuilles, cela aurait dû renforcer les relations entre le pouvoir et ses alliés, lesquels devaient jouer tout leur rôle d’information et de sensibilisation des populations autour des sujets dominants de la nation.

Malheureusement, il n’en sera rien, car dès la fin des législatives, l’alliance, qui était déjà rattrapée par le virus de la division, va tourner le dos pour se plonger dans d’autres perspectives. L’ADEMA PASJ a été la première à donner le ton. Au cours d’une conférence de presse d’une rentrée politique de l’ADP, son président Dioncounda Traoré n’est pas passé par quatre chemins pour signifier à ATT qu’il doit quitter le pouvoir après son deuxième mandat.

« ATT ne fera pas un troisième mandat » avait-il lancé en réponse à la question d’un journaliste. Le président de l’ADP ne s’est pas limité à cette seule déclaration inélégante envers le chef de l’Etat, car, président de l’Assemblée Nationale qu’il est, à chaque fois qu’il se déplace à l’intérieur du pays, il ne rate jamais l’occasion de dire haut et fort que le futur président du Mali sortira des rangs de l’ADEMA PASJ, qu’il donne aussi vainqueur des communales de l’an prochain. L’ADEMA comme l’URD ne sont aujourd’hui hantées que par l’horizon 2012, surtout avec les adhésions massives qu’elles enregistrent quotidiennement.

Résultat : la mouvance présidentielle se trouve plongée dans une léthargie, un mutisme coupable vis-à-vis des préoccupations actuelles du pouvoir. Le seul service qu’elle a peut être rendu au président de la République a été le vote massif de la Déclaration de la Politique Générale du Premier Ministre, Modibo Sidibé. La crise scolaire, la cherté de la vie, la crise du nord, l’abolition de la peine de mort, n’ont jamais été expliquées par aucun des quarante partis politiques alignés derrière le pouvoir.

Ce vide laissé par la mouvance présidentielle a donc profité à l’opposition qui, il faut le reconnaître, est en train de jouer sa partition.

D’abord sur la crise du Nord, le FDR a organisé un atelier national de réflexion sur la sécurité, stabilité, et développement dans l’espace sahélo-saharien du 30 nombre au 1er novembre dernier, où les résolutions issues de ce forum ont été soumises à l’appréciation du chef de l’Etat.

Ensuite, elle envisageait provoquer une concertation nationale sur la paix et la stabilité dans la bande sahélo-saharienne, si l’initiative n’était pas venue trouver que le président de la République s’était déjà inscrit dans une telle logique. Le PARENA vient d’organiser récemment un atelier sur la vie chère qui frappe durement le pays, alors que son député de Kadiolo, Bréhima Béridogo a interpellé le ministre des enseignements secondaire supérieur et de la recherche scientifique, le professeur Amadou Touré, autour de la crise scolaire. Le RPM de Ladji Bourama n’est pas aussi resté les bras croisés. Il a organisé un atelier sur la crise scolaire auquel le même ministre Touré a pris part avec d’autres importants partenaires. IBK et les siens ont aussi organisé un atelier sur la privatisation de la CMDT dont des résolutions ont été envoyées au gouvernement. Bref, voilà autant d’initiatives avec lesquelles l’opposition malienne s’est rendue utile à la nation, par sa capacité d’information, de sensibilisation et de proposition.

Toutes dispositions qui devaient être l’apanage de la mouvance présidentielle. Mais malheureusement celle-ci a aujourd’hui démissionné. La réunion tenue hier soir au siège de l’ADEMA va-t-elle sonner le réveil de l’alliance ?


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